mercredi 16 août 2006, par

Chose rare, Fred avait envie de se défouler avant même d’avoir entendu l’album. Il s’agit donc d’une précritique. Une critique de Marc suit. Lisez, c’est encore le plus simple :
Précritique
Bon, je vous l’avais déjà dit pour le premier opus, le but de Franz Ferdinand dans la vie, c’est de faire danser les filles.
Alors qu’on ne s’étonne pas si la marchandise est léger et frivole. Et pour la cause, le contrat est rempli, la vingtenaire moyenne va probablement adorer.
Mais cela en soit devrait-il nous satisfaire ? Loin de là car depuis deux ans de l’eau à couler sous les ponts et le revival années 80 a pris une telle ampleur que les Franz Ferdinand ont du mal à ne pas énerver avec leur tronche de premiers communiants ou d’étudiants en art graphique qui se prennent au sérieux.
Force est de constater que soit nous sommes devenus vachement difficiles, soit la composition n’a pas été aussi productive cette fois-ci. Et une réécoute du premier opus confirme bien entendu la seconde affirmation.
On se prend bien parfois en flagrant délit de fredonnement du single ("Dodo dodo dododododo"), mais c’est finalement bien peu.
Franz Ferdinand, feu de paille ou coup de pompe du deuxième album, l’avenir le dira. Quoiqu’il en soit on ne pourra pas leur retirer d’avoir été le fer de lance de la "nouvelle vague" anglaise dont nous nous réjouissons depuis près de deux ans. Alors Merci pour Bloc Party, merci pour Maximo Park et merci pour la tarte. (F.)
Critique
Fatalement, donner un successeur à un album comme leur premier n’était pas chose aisée. Car il constitue une pierre de touche en matière de rock dansant. Spontané et cérébral, il réussissait le grand écart et mettait (presque) tout le monde d’accord. Mais à notre échelle, un an est énorme. On a écouté facilement plus de 100 groupes depuis (sans même exagérer).
S’il s’était agit d’un premier album, on dirait tout de suite qu’on aime bien, mais l’attente énorme suscitée par le premier album est là.
Ils en sont conscients et pour y faire face, ils convoquent en renfort les glorieux anciens, Beatles, Monkees et Kinks en tête.
D’emblée, les choeurs du premier The Fallen semblent trop beatlesiens pour être honnêtes. Et cette référence se retrouve sur Eleanor put your boots on (rien que le titre...). Ils ne laissent même pas ça à Oasis, ça c’est pas gentil. Par un réflexe datant du premier album, on s’attend à ce que les ballades dégénèrent. Mais là, non, ça reste désespérément gentil (Fade together). C’est sans doute une piste pour leur évolution future mais je n’ai pas été emballé.
Surtout que, selon, ils font de la musique pour faire danser les filles. Sur ce point, ce devrait rester mission accomplie. Pour ceux qui font du revival eighties, la basse discoïde est un instrument indispensable, pour ceux qui sont restés scotchés sur les sixties, il s’agit d’un ajout plus original.
Parfois, ça sonne beaucoup plus ’garage’, comme du Hives de régime (You could have done it so much better). Ce qui sauve Franz Ferdinand, c’est une certaine énergie et ce son propre et net qui constitue leur marque de fabrique. Ainsi qu’un talent mélodique indéniable (Walk away, You’re the reason I’m leaving). Les riffs de This Boy, I’m your villain, Outsiders sont d’ailleurs des réussites.
L’impression générale laissée est celle d’une grande énergie mais de moins de clarté dans les mélodies. Le single Do you want to aurait pu figurer sur le premier album (un genre de Tell her tonight avec moins de ligne de conduite). Ce qui explique ce choix comme premier single.
Rien n’est vraiment fredonnable ici, même si beaucoup de refrains sont constitueés de oh-oh, de La-la (Well that was easy) ou de dou-dou. Si tout le premier opus éponyme séduisait dès la première écoute, ici, plusieurs sont requises parce qu’une certaine uniformité guette.
Dans la famille des nostalgiques des sixties, on leur préfèrera désormais les gentils de The Coral.
On est presque surpris de ne pas être très déçu. Mon intuition féminine me dit que le prochain sera acoustique ou baroque. Mais celui-ci ne s’usera pas sur la platine comme le précédent, faute de tuerie addictive dans le genre de Take me out ou Darts of pleasure. Moins immédiat, cet album devrait cependant asseoir leur succès planétaire par l’élargissement de leur public vers ses franges plus âgées. (M.)
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