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Mes albums préférés de 2018

samedi 29 décembre 2018, par Marc


Plus de 200 albums écoutés, 112 albums critiqués, 2018 était encore une bonne grosse année. Plus de disques reçus ou achetés, c’est aussi une tendance lourde. L’envie est donc intacte, je vous livre mes favoris, parce que les bons souvenirs sont faits pour être partagés.

23. I am Stramgram - Tentacles On sent que c’est un talent seul aux commandes de ce projet parce que le son y est typique. Mais on sent que Vincent Jouffroy sait exactement où il veut aller et sait adapter son style à ses envies. Le résultat est la première grande découverte de 2018
22. The Decemberists - I’ll Be Your Girl Après 17 ans d’existence, un groupe se doit d’essayer des choses, c’est certain et malgré les apparences, la révolution copernicienne n’est donc pas en marche chez la bande de Colin Melloy. L’évolution du son de clavier étant relativement anecdotique puisque le groupe continue à miser sur des qualités d’écriture et une interprétation jamais prise en défaut.
21. Okkervil River - In The Rainbow Rain Plus lisse d’aspect et parfois presque évanescent, cet album propose tout de même quelques moments de bravoure et peut se reposer sur la finesse d’écriture et l’engagement hors normes de son leader Will Sheff. Okkervil River est sur une très bonne série en cours qui ne semble même pas menacée par l’immobilité et confirme qu’il est un des grands groupes américains de l’époque.
20. Glass Museum - Deux Ce court album (dosage optimal pour maintenir le niveau) sorti chez Jaune Orange montre un très bon potentiel et un large spectre. Sauf si le concept même de musique instrumentale vous rebute, Glass Museum est une découverte à faire
19. Jawhar - Winrah Marah Après un premier album assez acoustique qui évoquait immanquablement Nick Drake, Jawhar Basti étoffe le son, ose la syncope et confirme qu’une certaine idée du folk s’accomode très bien de la langue arabe si de grands morceaux sont proposés.
18. The Wooden Wolf - Winter Variations Op.6 Ceci est le premier mauvais album de la part d’Alex Keiling. Meuh non, on rigole. Si vous connaissez déjà (et appréciez forcément), vous allez entendre quelques nouveaux titres d’un niveau au moins égal à ce que vous chérissez. Si vous ne connaissez pas encore, quelque part je vous envie, c’est un univers hanté et humain qui s’ouvre à vous.
17. Rue Royale - In Parallel La finesse de Rue Royale pourrait les desservir. Pas vraiment spectaculaire, leur musique recèle pourtant de grands moments pour ceux qui se donneront la peine de les découvrir. Les amateurs de belles choses subtiles et intenses comme Fink ou Stars seront en tous cas bien inspirés de se pencher sur leur cas.
16. Soap & Skin - From Gas to Solid / you are my friend Evoluer quand on a frappé aussi fort aussi tôt n’est pas une chose aisée, surtout que nous aussi on a fait notre petit bonhomme de chemin et rencontré en route des personnalités comme Alina Orlova ou Anna Von Hausswolff. Mais en densifiant le son, en travaillant les cordes, en gardant sa voix Anja Plaschg reste dans la course. On ne pouvait décemment pas espérer plus.
15. Moonface - This One’s For The Dancer, This One’s For The Dancer’s Bouquet Dans la très dense et riche discographie de Spencer Krug, ce double album à la fois logique (un des deux albums est basé sur sa marotte des marimbas) et un peu atypique (l’autre lorgne vers le free-jazz) est avant tout destiné à ceux qui le suivent avec passion. Un peu fascinant, forcément un peu crevant sur la longueur, logiquement inégal, il confirme le talent protéiforme de Spencer Krug pour s’emparer de plusieurs idées et les pousser à fond.
14. Dominique A - La Fragilité Second volet plus acoustique, La Fragilité est évidemment fort bon, personnel et émouvant, maitrisé de bout en bout, mais l’attention se détache à l’occasion. Pas grave, on parle de discographie et d’oeuvre pour Dominique A.
13. Jean-Louis Murat - Il Francese En se plaçant dans la suite logique d’un Travaux sur la N89 qui nous avait si peu plu, celui qui est le plus présent sur ce site depuis quinze ans nous a enchanté avec cet album moderne et varié. On note quelques titres qui pourraient figurer sur un Best-Of si c’était du genre de l’indispensable Auvergnat.
12. Barbara Carlotti - Magnétique Sans morceau très immédiat (mais pas sans perles comme Plaisir ou Agonie), cet album riche confirme Barbara Carlotti comme une artiste française complète qui raffine à chaque album son univers un peu plus, à un tel point que sa très belle voix maîtrisée n’est qu’un argument parmi d’autres, la solidité musicale assurant la cohérence de l’album
11. Anna von Hausswolff - Dead Magic C’est comme ça, certains y arrivent et d’autres pas. Dans la première catégorie on rangera sans doute aucun la Suédoise qui arrive à imposer une très forte personnalité dans un genre qui peut se révéler compliqué à transcender. Cet album confirme donc son statut à part et apporte un des morceaux de l’année et quelques longues pièces calmes et intenses à la fois.
10. The Good, The Bad & The Queen - Merrie Land Damon albarn a retrouvé sa dream-team (Paul Simmonon de The Clash, Simon Tong et Pete Allen) pour livrer un album personnel et mélancolique, avec l’angoisse du brexit en thème principal. Le son est résolument personnel et colle bien à l’interprétation d’Albarn qu’on a rarement connu si intense.
9. Kùzylarsen - Le Long De Ta Douceur Un oud électrique, la basse et la voix d’Alice Vande Voorde, il n’y a pas grand, chose pour entourer les textes de Kúzylarsen et c’est très bien comme ça. Le résultat fait preuve d’un beau culot et est une des belles découvertes francophones de l’année, tout en sincérité et sans artifice inutile.
8. Get Well Soon - The Horror Plus que l’album de l’érosion (comme a pu l’être Everything Now), celui où la passion se mue en poli respect de la chose bien faite, avec le détachement que pourrait nous offrir la lecture d’une lettre d’amour ne sous étant pas adressée (le malaise en moins), The Horror semble le début d’autre chose et à ce titre ne doit plus être comparé aux maintenant lointains débuts de la formation. Cette nouvelle forme se complexifie et vit sa propre vie. Comme Neil Hannon dont il pourrait être le pendant ‘romantisme allemand’, Konstantin Gropper décide de vivre hors du temps et livre un album qu’on s’attendait presque à décevoir avant de se raviser devant l’effarante ambition et quelques morceaux qui nous accompagnent déjà
7. Raoul Vignal - Oak Leaf Oser tuer le père, sortir de sa zone de confort d’un style reconnaissable et qui marche sur un premier album diamant brut. C’est l’envol réussi par Raoul Vignal. Sans doute moins générateur de frissons en première écoute, ce second album sorti chez Talitres confirme tout le bien qu’on pensait de Raoul Vignal. C’est dense et délicat, léger et profond à la fois.
6. Dominique A - Toute Latitude On s’en voudrait presque de tresser des couronnes de laurier à tous les albums de Dominique A mais au vu de l’incroyable série en cours, on ne peut qu’acter qu’une des grandes discographies francophones, sans doute la plus passionnante de notre époque, s’écrit devant nous. Cela dit, Toute latitude n’a sans doute pas la force compacte d’Eleor ou le souffle de Vers Les Lueurs et constitue plus une belle étape, pas un point final majestueux. C’est mon préféré des deux albums sortis par lui cette année.
5. Alina Orlova - Daybreak Non, ceci n’est pas un pas en arrière pour Alina Orlova. En abandonnant les synthés cheap elle revient à une forme qui laisse plus de place à ce qu’il est convenu d’appeler de grands morceaux. Si on aime un petit bout de ça, on succombe facilement et c’est pour ça que faire connaitre cette irremplaçable perle lituanienne est devenu une mission
4. Jon Hopkins - Singularity Une belle montée et une longue descente, voilà le parcours de cette grosse étape de montagne proposée par le maillot à pois Jon Hopkins. Si vous faites partie de ceux qui veulent savoir qui sont les maîtres du genre, il faut se frotter à ceci pour voir ce qui peut se faire de bon en electro contemporaine. Très accessible et montrant deux faces bien distinctes (un long et puissant crescendo techno et une descente ambient) de son talent (il peut aussi faire une collaboration sublime avec King Creosote ou arranger Coldplay quand c’était encore écoutable) , ceci est un des hauts faits de l’année tout simplement malgré son étrange et frustrant séquencement.
3. Thousand - Le Tunnel Végétal On en est parfaitement conscients, il s’en est fallu de peu pour qu’on ne cède pas à Thousand. Pourtant, tout de suite le charme a opéré et cette part de subjectivité a marché en plein. Le ton lassé trouve la juste distance et cette musique légère et englobante à la fois ne semble pas qu’un habillage. Ovni dans une certaine mesure mais pas obscur pour un sou, Thousand intrigue puis séduit. Si les chemins de traverse de la chanson française vous intéressent, voici une belle proposition.
2. Marissa Nadler - For My Crimes La mélancolie est un art majeur, on le sait depuis un siècle et demi et la chanteuse américaine porte haut ces (non) couleurs-là. Et album après album, elle arrive à ne jamais nous lasser et retisser ce lien qui nous lie à elle de façon maintenant indéfectible
1. Loma - Loma Il y a dix ans, Rook de Shearwater était mon album de l’année. Jonathan Meiburg revient donc en force (on ne l’avait pas perdu cela dit) avec les deux membres de Cross Records. Etrangement, ce n’est pas lui mais Emily Cross qui chante et c’est aussi formidable. Dense et vénéneux, ce premier album en tant que Loma tient ses promesses et en annonce de bien beaux autres.
Article écrit par Marc

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3 Messages de forum

  • Mes albums préférés de 2018 29 décembre 2018 18:53, par Sebduj

    Dites donc, on a que un seul album en commun cette année (okkervill river) ! Il faut que je réécoute the horror car tous mes essais furent vains...
    Bonne année et merci encore et toujours pour le blog

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    • Mes albums préférés de 2018 1er janvier 16:13, par Marc

      De fait, j’avais vu ta liste et j’ai beaucoup à récupérer pour ne pas mourir idiot. Sans doute ces prochains jours avant que les sorties de janvier (Deerhunter, Panda Bear ou Mono).

      Bonne année et peut-être à un de ces jours en concert (on peut rêver...) !

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  • Mes albums préférés de 2018 13 janvier 14:43, par Laurent

    J’ai l’impression de pas avoir écouté assez de choses cette année, et pourtant beaucoup quand même. Cela dit je trouve que 2018 était encore une fois un petit cru. Incapable de faire un classement clair toutes catégories confondues, alors je les distingue, mais mon disque préféré de l’année est sans doute celui de Nakhane. Pris par le temps, donc la flemme de remettre les titres des albums…

    Pop
    1. Nakhane / 2. Neneh Cherry / 3. Jon Hopkins / 4. Janelle Monáe / 5. Christine and the Queens / 6. Cascadeur / 7. Gorillaz / 8. Angèle / 9. Lily Allen / 10. Lykke Li

    Rock
    1. Chris Garneau / 2. Marissa Nadler / 3. Sol Seppy / 4. Low / 5. The Good, the Bad & the Queen / 6. Tamino / 7. Alina Orlova / 8. Anna Calvi / 9. Gaz Coombes / 10. Arctic Monkeys

    Hip Hop
    1. L’Or du Commun / 2. Lomepal / 3. Lupe Fiasco / 4. The Carters / 5. Cardi B / 6. Kids See Ghosts / 7. Nicki Minaj / 8. Black Panther OST / 9. Tierra Whack / 10. Jpegmafia

    Français
    1. Dominique A / 2. Eddy de Pretto / 3. Clara Luciani / 4. Camélia Jordana / 5. -L- / 6. Pauline Croze / 7. Odezenne / 8. Karin Clercq / 9. Jean-Louis Murat / 10. Daphné

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