Accueil > Critiques > 2018

P.A Hà¼lsenbeck - Garden Of Stone

jeudi 24 janvier 2019


A cette période-ci paraissent aussi les articles sur les albums qui ont donné du fil à retordre. Pas à l’écoute mais à l’analyse. Depuis quatre mois, celui-ci revient avec toujours autant de plaisir d’écoute et de perplexité critique. Mais il faut en parler parce que le ton singulier qui s’en dégage est un signe de talent évident.

Et cet album est pour le moins envoà »tant et propose une musique sombre et un peu torturée. Vocalement, on est proche de Nick Talbot mais la musique est plus jazzy, comme si le regretté leader de Gravenhurst avait frayé avec Tortoise. Survey est ainsi bà¢ti tout en entrelacs, en arrêts et redémarrages doux. On note que la production incombe à deux membres de White Wine, Joe Haege (Menomena, Tu Fawning) et Fritz Brà¼ckner. La parenté se marque surtout sur le côté anguleux de certains morceaux mais le spectre est ici plus large. Ce contraste fonctionne en tous cas, apaisant les aspérités naturelles de cette musique sans concession mais au champ bien large.

Puisque d’un côté on entend de jolies choses acoustiques comme Aya On Canvas alors qu’à l’opposé on est dans une certaine idée du bruitisme apaisé (Vessel). Le reste se situe logiquement entre les deux, passant du beau et mélancolique Stairs of Alfama au plus dissolu Speaking In Tongues ou à l’altitude des cuivres de Serpent of Velour.

Notons que la contrebasse est assurée par un certain Johanne Weber qui sort en ce début 2019 un excellent premier album sous le nom de Jungstà¶tter sur lequel la guitare électrique est jouée par P.A Hà¼lsenbeck. On reste donc en famille chez les prometteurs teutons.

L’amplitude de cette musique eest assez dingue et nous emmène dans des coins insoupçonnés de prime abord, sans avoir l’air d’y toucher. Intime et un brin austère, elle récompensera par bien des écoutes celui qui s’en donnera la peine.


Répondre à cet article

  • The Notwist – News from Planet Zombie

    L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
    Le dernier album en date des Allemands de The Notwist avait plu faute de laisser un souvenir tenace. Gageons que les choses seront différentes ici (…)

  • Edgär - Behind The Wall

    Les bonnes surprises peuvent aussi surgir de ce qu’on croit connaitre. Si 5 morceaux (on avait partagé) étaient déjà entendus, l’écoute de ce quatrième album du groupe d’Amiens permet d’en appréhender l’excellence. Le produit fini et complet est donc bien réjouissant.
    Parce qu’il est rentre-dedans avec ce qu’il faut comme petites touches de sons froids et de consistance mélodique pour que le (…)

  • Chaton Laveur - Labyrinthe

    C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
    Le truc de Chaton Laveur, donc, c’est de s’appuyer sur des bases krautrock pour une euphorie bien plus pop. Le duo liégeois (Julie Odeurs et Pierre Lechien) est cependant (…)

  • Louis Jucker - A Pharmacy of Songs

    Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
    Désolé d’avance pour la longue mise en place, mais cet album, ou ce (…)