vendredi 25 janvier 2019, par

Ce qu’est en train de réussir la majorité des formations historiques du post-rock est assez remarquable. Dans un genre finalement très balisé et truffé de poncifs, ces géants tout relatifs ont su tracer leur propre voie divergente, en se concentrant sur leurs caractéristiques et en y puisant une raison de continuer.
Pour ce dixième album, on annonce un batteur supplémentaire au trio de base, un peu d’électronique et des voix mais bon, ce ne sont que des détails qui ne vont en rien modifier la marche de la carrière de la formation japonaise. Dès le deuxième morceau, on sait qu’on entend exactement ce pour quoi on était venu, du Mono pur jus, dense, suscitant un lent mouvement de tête et une mâchoire serrée. Du tout bon donc pour l’amateur déjà au courant. Et ça revient, encore et encore, sur un riff qui n’avait pas l’air si prenant à la base. Cette densité assez dingue est une marque de fabrique, la raison de leur longévité dans ce qui est bel et bien une niche musicale.
Sans doute que comme on écoute moins de post-rock les albums font plus d’effet. Peut-être aussi que dans le contexte de cette année naissante on est plus réceptifs à ces morceaux qui prennent leur temps. On retrouve cependant leurs variations brusques quand leur nature reprend le dessus. C’est dans une langueur impeccable et patiemment installée qu’ils donnent leur meilleur et la plage titulaire qui est la pièce centrale de cet album en est la parfaite illustration.
Oui, il y a la voix de Tamaki sur le plus éthéré Breathe mais cela dénote plus un sens de l’équilibre après le déferlement qui précède que d’une révolution de palais. Les perspectives vocales ne semblent pas annoncer un changement de cap en tous cas. Le morceau lui-même ne décolle que quand les cordes déboulent.
Alors oui, les cordes rendent le tout assez copieux, mais on ne boudera jamais son plaisir si plaisir il y a. On les accueille avec plaisir sur Parting dont les guitares tintent plus qu’elles ne vrombissent. Oui, il y a quelques composants électroniques dans l’hénaurme son de Sorrow et quelques discrets ajouts sur Meet Us Where The Night Ends mais on retiendra surtout l’inévitable feu d’artifice où seules les cordes conservent leur placidité pour un effet maximal. La douceur leur va bien aussi (lente explosion de Far and Further) et leurs arpèges sont reconnaissables entre tous (Sorrow).
Il est vraiment intéressant de voir à quel point les meilleures formations de post-rock (Mogwai, Godspeed You Black Emperor, 65 Days of Static) parviennent presque toutes à maintenir le niveau dans des directions qui leurs sont propres. Les Japonais misent tout sur leurs forces de lyrisme et se puissance et réussissent encore à nous toucher.
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