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Her Name Is Calla - Animal Choir

mercredi 24 juillet 2019, par Marc


This is our last album. It took us over two years to make, a lot longer than we expected. We put our all into it, and we hope that you enjoy the results.

Si on savait que Her Name Is Calla cessait ses activités, on ignorait qu’ils préparaient un album. On ne se doutait donc pas de l’impact immense qu’il pourrait avoir. Ne vous laissez pas berner par le ton très humble de cette note liminaire, il y a une énorme ambition à l’oeuvre ici. Et d’emblée ça pousse fort, très fort, reprend son souffle pour mieux rugir encore. C’est plus chaleureux bien évidemment, mais la densité peut rappeler Swans. Oui, rien que ça, même le nom du morceau y ramène.

Ils n’ont cependant pas encore tout livré et le prouvent dès The Dead Rift qui a une force communicative qu’on leur avait finalement peu connu. Il y a aussi des violons dans le son, qui apportent une indispensable dose de mélancolie et de langueur, tout comme les choeurs qui confèrent une dimension d’hymne. Pour que l’énergie ne se transforme pas en bruit, il faut cet engagement total qui fait qu’on y croit, tout simplement.

Il faut évidemment aérer tout ça et des morceaux comme Kaleidoscoping sont là à cette fin. Cet album n’est donc pas exigeant ni crevant sur la longueur, usant d’un orgue par exemple sur le beau court instrumental A Rush of Blood. Mais un morceau non abordé bille en tête comme To The Other peut réserver des surprises parce que son ton introspectif (et un rien plaintif il faut l’avouer) se tourne résolument vers l’extérieur. Dans le même genre on retiendra Robert and Gerda pour sa montée en mode collaboratif, roulement de batterie compris.

La voix particulière de Tim Morris évoquera au choix Nick Urata (DeVotchka) ou même Thom Yorke. C’est un autre versant de ce riche album. La guitare distordue, la basse en avant et le chant rapprochent Bleach de Radiohead. Et ce morceau se fend d’une fin assez destroy. Vanguard ressemble aussi à ces ballades éthérées et un peu désespérées du groupe d’Oxford, ici très rehaussée en cordes.

Du courant post-rock auquel ils ont pu être associés, il reste peu de traces littérales, mais ils y ont appris le sens de la progression dramatique et un son plus organique. A Moment Of Clarity en est une belle preuve, vibrant et intense, avec un sens du climax comparable à celui de leurs amis d’iliketrains. Mais au contraire de ces derniers, ils usent pas trop des sons de guitare typique de ce genre de niche. Par contre, on retrouve bien des progressions plus classiques comme sur le mélancolique et ma foi fort prenant Frontier. Quand des guitares cristallines viennent appuyer les progressions d’accords, on est dans une qualité de lyrisme qu’on aime tant chez le Mono des grands jours.

Ils ont tout mis dedans, même de gros beats sur A Modern Vesper. Mais ce n’est pas un glissement vers le dancefloor, c’est plus inquiétant que ça, plus sinueux aussi.

Un des albums de l’année est donc dû à un groupe qui vient de tirer sa révérence. Ultime pirouette d’une formation qui a atteint son apogée ? On en sait pas. Ce qui est flagrant par contre c’est qu’on tient là un des albums de l’année et une référence pour le futur.

Article Ecrit par Marc

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