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Séance de Rattrapage #78- Bibi Ahmed, Close Talker, Fionn Regan

vendredi 6 septembre 2019, par Marc


Bibi Ahmed - Adgah

N’étant pas habitués à nous frotter à la musique du monde (qu’elle que soit la réalité hétéroclite cachée par ce terme générique), c’est à un pas de côté que nous vous invitons aujourd’hui. Nous sommes en effet face à une relecture de genres connus comme le blues et le rock à travers le prisme de genre certes dérivés mais bien établis comme le blues touareg ou le rock saharien (oui, ça existe).

Si on avait déjà exprimé notre amour du folk arabophone de Jawhar, il y n’y a eu que peu de locuteurs du genre sur ce site. Si les références manquent forcément pour en parler proprement, l’auditeur est tout de suite à l’aise, tout de suite séduit par ces mélopées, par ces mélodies circulaires et entêtantes. Il joue en effet beaucoup sur la répétition et on repère assez vite ses favoris qui sont pour moi Tamiditim Aisha ou la mélodie de La La La qui fait mouche.

Le son de guitare électrique est lui aussi bien particulier, sans doute parce qu’il ne se planque pas derrière des effets. C’est un peu sec et direct, bien en phase avec ce blues lancinant qui est bien plus qu’une curiosité.

Close Talker - How De We Stay Here ?

Comme on découvre la formation canadienne (de Saskatoon), il est compliqué de définir ce que le fait de maintenant auto-produire induit sur leur musique. C’est de la pop un peu évanescente, enveloppante comme un cocon et peut être leur version de la dream-pop. Pas de brouillard de guitare en vue cependant.

La voix contribue à la discrétion bien évidemment. Donc c’est peu spectaculaire mais indéniablement solide. Wait distille un groove discret qui peut vite se révéler irrésistible. Evidemment, on se rappelle ce Pace qui nous avait donné envie du reste. C’est ce qu’il y a de plus extraverti ici, c’est certain mais c’est loin d’être la seule chose intéressante. On aime la douceur de The Change It Brings et s’il est compliqué de rester concentré sur le très évanescent Arm’s Length ou quand le tempo ralentit, sur Half Past Nine, on peut envisager d’écouter cet album de très nombreuses fois.

Fionn Regan - Cala

Après avoir dégusté quatre de ses albums (sur six au total), on a compris tout le potentiel de Fionn Regan et le retrouver marque la certitude d’un très bon moment, sachant qu’il peut aussi bien maîtriser le guitare/voix (son album The Bunkhouse Vol.1 : Anchor Black Tatoo) que tenter les enrobages classiques (100 Acres of Sycamore).

Et la douceur de Collar of Fur vient nous le confirmer d’emblée même si c’est juste après que l’album prend définitivement son envol avec un arpège souverain. Comme Bon Iver, il arrive à faire de morceaux folk quelque chose de plus et on se surprend à préférer ce Head Swim à bien des choses de la bande de Justin Vernon. Faites vous plaisir, offrez vous les deux, la vie est courte.

Il donne ici son meilleur avec un peu de noirceur (Glaciers). Le reste est plus évanescent (The Ocean Wave), avec une touche d’électronique (Cala) avec parfois un petit air de Sufjan Stevens (Volca). Si on se surprend à décrocher à l’occasion, mais cet album ne se dépare pas de son insondable douceur et compte deux morceaux qui valent à eux seuls le voyage.

Article écrit par Marc

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