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The Cure : Pornography (1982)

vendredi 23 juin 2006, par Marc


Ceux qui ne connaissent du grand groupe anglais que les singles du style Boys don’t cry, Friday I’m in love ou encore Just like heaven vont prendre une claque dans la gueule et pas une petite. Car si la bande de Robert Smith a commencé par de la new wave pétillante, une trilogie fameuse du début des années 80 va les faire entrer pour toujours au panthéon de la new-wave.

Si l’accueil du premier, en 1980 appelé Seventeen seconds sera froid (il contient déjà un classique : A Forest), la suite sera plus brillante encore ; à la moiteur de Faith en effet va succéder la froideur glacée de Pornography. Comment sortir d’une guitare le riff lancinant de 100 years ? Secret d’alchimiste, connu du seul trio de l’époque. Au ton geignard qui sera plus tard la marque de fabrique de Robert Smith est ici opposé une retenue minimaliste d’une redoutable efficacité. Mais il n’existe à ce degré d’intensité aucune alternative : ou on est conquis ou rétif à vie. Car malgré le faible nombre d’instruments la richesse des émotions n’est pas réductible à une écoute distraite ; le son lui-même est particulier, lisse et dépourvu des effets typiques de la décennie. Siamese twins et The Figurehead restent et resteront pour des générations entières les synonymes du paroxysme de ce qui est exprimable émotionnellement. Je suis de ceux-là. Evidemment, ils n’ont pas pu continuer à creuser un sillon aussi profond. La suite de leur discographie est une tout autre histoire mais pour beaucoup tout a déjà changé. (M.)

Article écrit par Marc

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1 Message

  • The Cure : Pornography (1982) 28 avril 2012 20:07, par Wivine

    Bien dit, plutôt, bien écrit !

    J’écoute en ce moment les trois albums de la fameuse trilogie qu’ils ont merveilleusement interpreté en Live à Berlin en 2002, ils font parties de mes quatres albums préferés de the cure ( hé oui, je suis une fan très mélancholique, moi aussi ) et leur "kiss me, kiss me" était pour moi le meilleur album rock des années ’80 (pour la diversité de la musique, on passe d’un "kiss me kiss me" hard, déchirant à un poème de Baudelaire ( "How beautiful you are") à la sauce "Smith" qui lui seul en détient la recette, les ingrédients, on les reconnait : de bons textes, une musique tantôt douce et mélancholique et mélodieuse ( "catch") à un son bien plus brutal, hurlant à la mort, criant le désespoir ("shiver and shake") ou encore "fight".
    Mais Robert Smith, comme chaque poète, est aussi un homme sensible, sachant toucher nos âmes, et écrire de belles chansons d’amour, je les appelle "les chansons tendres à la Robert", ces chansons comme la plupart figurant sur l’album "Bloodflowers" sont un bel exemple, sans tomber dans le "gnangnan", on entend des sons et des paroles d’un homme qui a atteind l’âge mur, et qui, sans pleurnicher, se retourne vers le passé avec une tendresse et d’une honnêteté exeptionnelles, des mélodies sobres, un album à découvrir (ou redécouvrir) pour ceux qu’ils le connaissent déjà !
    Et enfin, les deux derniers albums, trop souvent critiqués, un mélange de tous ces sentiments ou l’on s’y perd parfois, j’en convient, ce qui ne font pas pour autant d’eux de mauvais albums, ils me donnent seulement l’envie...d’attendre le prochain pour pouvoir savourer de nouvelles chansons signées Robert Smith.

    Wivine Mathys, Oostende, Belgique.

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