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Jeronimo : 12h33

lundi 21 août 2006


Parfois la critique fuse, presque dès la première écoute. Parfois il faut plusieurs écoutes et l’avis enfin se forme. Enfin il arrive qu’une critique s’écrive à la vitesse d’une ligne par semaine. Mais bon, de temps en temps il faut mettre en ligne, c’est à dire faire des phrases à l’aide de mots. On y va.

Cette introduction témoigne juste de mon manque d’avis tranché sur le second album de Jeronimo

Succéder à un album sympathique mais qui a plu presque par ses défauts est une chose difficile. Même si la réputation vient plus de ses prestations scéniques que ses galettes.

A première chanson montre une plus grande maturité au niveau composition et production mais bon, j’ai du mal avec ses titres sentimentaux au premier degré (La fille que j’aime), d’autant plus que quand un léger décalage est apporté le charme est de nouveau présent (Nous allons avoir un petit). Mais le décalage ne suffit pas toujours. La chienne de Baà¯konour me laisse juste perplexe...

Finalement, ce sont les morceaux les plus électriques qui ressemblent le plus au premier album comme Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour, et Je vais tout plaquer sauf toi, avec des éléments plus qu’évidents du Daddy’s gonna pay for your crashed car de U2 et qui consiste en un énumération tendue. C’est un gimmick qui fonctionne aussi sur Moi, je voudrais, une des plus belles réussites de cet album. Tant qu’on est dans les réussites, épinglons le single Les mains qui tremblent.

Une nouvelle facette de Jerome Mardaga (c’est son nom dans la vraie vie) est révélée par Ce que nous ont laissé les vieux qui m’évoque le Dominique A de l’album Remué et par un Comme par miracle intimiste.

Corrina, Corrina et Girl from the north country side sont des titres de Bob Dylan qui figurent sur un album très ancien (The freewheelin’ Bob Dylan) et sont traîtés ici comme le I’m afraid of americans de Bowie autrefois : c’est-à -dire traduits de façon vraiment littérale (rien à voir avec Hughes Aufray). Arriver à faire entrer le zim’ dans son univers, voilà qui mérite d’être cité. Et puis si le doute et le manque d’inspiration le taraudent un jour, je signe des deux mains pour un album de la sorte.

Le regard faussement naà¯f fait partie de Jéronimo et on est amenés à penser qu’on est face à une personnalité, tant ce qu’il fait ne rentre dans aucune boîte dans laquelle on voudrait l’enfermer. De plus, même si tout ne m’a pas plu, il faut saluer la cohérence de l’ensemble. Reste à espérer le voir évoluer perpétuellement, pour ne pas le voir ’faire du Jéronimo’ comme Miossec fait du Miossec par exemple.

S’il passe dans votre coin (et si vous habitez la Belgique, ce n’est vraiment pas rare), pensez à aller le déguster en concert. (M.)


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