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Séance de Rattrapage #81 - Mikael Delta, Massimo Silverio, Hilldale

mercredi 5 février 2020, par Marc


Mikaël Delta - Elation

On a déjà avoué la difficulté de commenter des album qu’on a beaucoup aimé écouter. Elation est de ceux-là mais il a su nous mettre tout de suite à l’aise. Le Grec est maintenant sur le label Inner Ear qui nous fournit tellement de bonnes choses mais il a déjà publié sur Kompact ou sur les compilations Café Del Mar et Buddha Bar.

On pense d’abord à des choses comme Trentemoller, à de vieux mixes dont il reprend des codes typiquement minimal (Avatarism) avec un vrai succès, renouant avec cette transe douce telle que pratiquée par The Field. L’agencement particulier n’est lui pas sans rappeler celui de Jon Hopkins. Précisons d’emblée que si les styles sont connexes, ceci est bien moins foisonnant. The 5 Principles montre à cet égard qu’on n’est pas face au premier Moby venu malgré des nappes de synthés.

On aime cette subtilité, cette émotion rentrée et cette complexité peu prétentieuse de 3AM Thunder, ce mélange de glitch et nappes de synthé sur The 5 Principles. Une des forces du producteur grec est d’arriver à associer tant de choses avec naturel, privilégiant les sons glitch (A Perfect Day) ou plus cotonneux (At The Old Airport), arrivant à créer de la beauté d’un bruissement DIM 111 ou d’un piano seul avec un souffle (The Sky Inside Me). Des bonnes choses donc que je vous propose de (re)découvrir.

Massimo Silverio - Ø

Les clichés ont la vie dure, les préjugés aussi. Si les artistes italiens ne sont vraiment pas rares en ces colonnes virtuelles (grâce à un fournisseur de première bourre), ceux qui s’expriment dans la langue de Dante ne sont pas légion. Il faut dire que dans l’imaginaire de votre serviteur, les chansons qui nous parviennent dans cet idiome s’apparentent à de la punition. Rassurez-vous, on est ici dans un cas de figure tout autre.

L’entrée en matière est d’ailleurs impressionnante. La voix est plutôt haut perchée et l’ambiance est installée par bien peu de choses. Une guitare et sa voix suffisent en tout cas souvent, ce qui est un signe de maîtrise indéniable et surprenant pour un tout premier EP. Le line-up visiblement réduit rend le tout moins spectaculaire.

Mais pas dénué d’intensité ; comme des bribes de morceaux qu’on aurait pu entendre chez Her Name Is Calla (Som) ou My Name Is Nobody. La longue plage titulaire présente aussi plusieurs visages, la voix souvent discrète et dénuée d’effets pouvant y monter. Il conclura cet EP par un plus langoureux Jevâ où une guitare électrique simple suffit à faire monter le chorus. Bref la leçon de ce sombre premier EP est que Massimo Silverio est un nom à suivre sans hésiter.

Hilldale - Jelly Dreams

On ne peut pas dire que la pop à guitares soit le genre le plus populaire du moment. Pour ceux qui sont nés avant Internet (vous quoi), il reste tout de même de fort bons souvenirs que le groupe dijonnais vient réveiller. Ils commencent certes en mode plus mineur avec un Silly Boy plus alangui (guitares curesques comprises) que catchy. Mais on sait tout de suite à quoi et à qui on a affaire. Parce que leur style n’est pas clinquant, l’aspect pop n’est que de façade et n’est qu’une des composantes de leur son et de leurs envies.

S’ils se font plus sautillants et pop sur Postcards, ils se permettent même des changements de braquet et terminent dans un chorus du plus bel effet (le morceau fait plus de six minutes, on n’est plus dans la courte pépite), montrant que le groupe en a sous la pédale et annonce sans doute une suite plus dense. C’est tout le mal qu’on leur souhaite en tous cas. En comptant sur un son solide et la voix de la chanteuse, ils mettent pas mal de chances de leur côté.

Article écrit par Marc

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