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Séance de Rattrapage #83 - Coddiwomple, Dakota Suite and Quentin Sirjacq, Pyjamarama

jeudi 12 mars 2020, par Marc


Coddiwomple - The Walk and Other Stories

Poser sa voix sur des projets musicaux ambitieux, c’est maintenant un travail à temps plein pour G.W. Sok. L’historique leader de The Ex (groupe punk batave) a en effet apporté sa contribution à Filiamotsa ou en renfort chez les excellents Oiseaux-Tempête. Il est associé ici à Nicolas Lafourest et Olivier Mellano.

On ne va pas tourner autour du pot, ceci apparaît comme moins abouti que les exemples cités. Ca partait bien pourtant, l’arpège sur Pumpkin Head prend des airs de Nick Cave. Mais au contraire des réussités mentionnées, l’enrobage musical est plus minimaliste ici. Ce qui n’est pas un problème en soi mais le chanteur apparaît comme plus livré à lui-même, devant se lancer dans des soliloques (Response).

Alors oui, il y a de la tension (Whisper), la répétition fait son effet (The Plan) mais la diction et la voix de Sok doit faire partie d’un tout plus ample. Logiquement, le mélange prend bien mieux quand c’est plus apaisé, (The Walk, The Boat), tout en sachant que des groupes comme Current 93 ont déjà réussi ce mélange, notamment parce qu’ils dégagent plus de mystère.

Dakota Suite and Quentin Sirjacq - The Indestructibility of the Already Felled

On vous a parlé récemment du label Schole d’Akira Kosemura. On sait dorénavant que c’est un gage de bon goût puisque c’est là qu’on retrouve ce duo qui semble mettre le Japon au centre de ses préoccupations. Le chanteur/guitariste anglais Chris Hooson s’est en effet associé au Français Quentin Sirjacq (tous deux inconnus de nos services avouons-le) pour un résultat qui se contemple comme un jardin japonais.

On est même surpris que le chant déboule tant ces morceaux semblent taillées pour une écoute apaisée. Et sans doute que ça pourra élargir l’audience. Mais beaucoup de ces morceaux reposent plus sur les atmosphères que les lignes mélodiques du piano (souvent préparé d’ailleurs) comme aiseki, surtout que Quentin Sirjacq ajoute des sons forcément éthérés. Mais ils peuvent aussi faire confiance à leurs arpèges, et on aime la beauté simple de ces mélodies qui touchent (Kintsugi).

Ceci genre de bel objet qu’on peut retrouver sur des labels comme Fluttery Records. Donc même si le tempo est similaire, ce n’est pas de la musique pour salon de massage (note pour plus tard : tester quand même avec un bain et des bougies) parce que la force d’évocation est tout autre et le résultat est une petite bulle de quiétude qui ne se refuse pas.

L’écoute intégrale, c’est ici

Pyjamarama - Simple Living

Parfois un dossier de presse nous refait la bio exhaustive de tous ses membres avec des détails qu’on ne demandait même pas. Au contraire , celui-ci est sybillin, citant surtout des sources d’inspirations étranges (les OVNIs, la fiction géométrique) et d’influences musicales comme Stereolab et Deerhoof (on voit très vite pourquoi) mais aussi Mozart (là on sèche).

Le trio basé en France pratique une pop indé comme on en entendait souvent il y a une dizaine d’années mais au son plus solide. On est en 2020 après tout. On pense un peu à The New Pornographers dont ils n’en ont pas la fluidité puisque c’est plus aventureux. Par exemple sur Pitfall qui ajoute des éléments de Krautrock, avec des décélérations bien senties. Il y a à la clé quelques belles éruptions (The Zone), des parties musicales denses (Heat Beam) et de très belles zébrures d’électricité (SLC). Bref, c’est de l’art-rock dans la façon d’être à la fois catchy et un peu rêche (Yacht Game), ça rappelle des choses comme Architecture in Helskinki (est-ce que ça évoque encore quoi que ce soit ?) mais nous fait surtout passer un bon moment acidulé.

L’écoute intégrale, c’est ici

Article écrit par Marc

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