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Olivier Savaresse - ACAPAS

lundi 1er juin 2020, par Marc


Avec un déconfinement progressif qui est la toile de fond de nos existences actuelles, l’envie de voyage doit démanger beaucoup d’entre nous. S’il est un peu prématuré d’en préparer dans la vraie vie, il est encore temps de profiter de ceux qui nous font voyager avec deux écouteurs. Un des plaisirs récurrents de ce curieux hobby musical est de pouvoir suivre à la trace des personnalités dans leur création. Après deux albums qui avaient marqué, on salue donc le retour du Français Olivier Savaresse.

Musique et paroles, c’est en gros tout ce qu’on retrouve dans un mélange variable pour composer la chanson française. Pour mieux appréhender le phénomène Savaresse, on va commencer par dissocier les deux.

‘De la musique avant toute chose’, c’est le credo de Verlaine et semble être celui d’Olivier. On note ici quelques tentations orientales. Il a le bon ton pour installer des ambiances, tout en maîtrise de guitare et percussions discrètes. Quelle Folie est ainsi un bien beau morceau à la mélodie imparable. Quand le Flots de Pensées s’épanche en mode instrumental, c’est vraiment délectable de langueur. Sans esbrouffe et avec un sens mélodique précieux (Les Femmes Sont Nues), il peut créer de petits univers séduisants (On Avançait). On l’avoue, on aimerait déjà beaucoup un album instrumental de cette facture.

Mais les paroles ne sont pas une concession mainstream pour multiplier les passages radio. Ils ont leur propre personnalité et sont aussi responsables de l’attachement qu’on éprouve pour ses albums. Si ces mots se retrouvent parfois sur les mêmes mélodies que le thème musical, ils peuvent aussi se retrouver en collage sonore (Flots de Pensées). On retrouve aussi ces passages déclamés qui semblent des lectures (ACAPAS). C’est un effet particulier et voulu qui fonctionne très bien, avec une certaine fascination pour l’astronomie ou la géographie.

Les ressemblances avec Gainsbourg sont maintenant moins pertinentes que jamais mais sur A Trop Penser, impossible de ne pas penser à l’Anamour. C’est un rituel de chaque album qui a sa chanson souvenir du grand Serge. A ces doses-là, c’est un amusant clin d’oeil.

L’invitation au voyage est la marque de fabrique d’Olivier Savaresse. Pas avec un exotisme de pacotille, mais son ton de confidence et de description est parfaitement calibré pour l’évasion. Immobile pour l’instant, elle peut se faire dans la tête et cet album en sera un puissant adjuvant. Tout comme des vacances sont plus délectables quand on s’éloigne des contingences de la vie quotidienne, cette évasion musicale sera bien meilleure avec la détente et le lâcher-prise qui s’imposent. A vous de jouer donc.

https://osavaresse.wixsite.com/website

Article écrit par Marc

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