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Séance de Rattrapage #86 - Archibald, Byenow, The K

mardi 14 juillet 2020, par Marc


Archibald - Out of Sight

Trouver ailleurs des sources d’inspiration est une idée qui marche visiblement. La résidence d’artiste de la chanteuse Roxane Terramorsi au Groenland a en tout cas inspiré un bien bel EP. C’est évidemment la voix, claire et aérienne qui est au centre de l’attention et les arrangements lui laissent beaucoup de place, ne dénaturant pas le propos.

Avec ces voix aériennes, il faut absolument éviter d’avoir une orchestration trop lisse pour éviter que l’émotion souhaitée se transforme en mièvrerie. Ce n’est pas le cas ici, atteignant même l’élégance hiératique d’un Dead Can Dance. Une basse, des cordes soutiennent Aurora et c’est très beau. Les jolis jeux de cordes et d’harmonies de Malina renouent avec l’esprit joueur de My Brightest Diamond tandis que Sedna mêle bruine de cordes et un chant en français. Il y a même une remontée en bonne et due forme sur Laidy Cairn.

Breath In et Breath Out sont deux pièces instrumentales à chaque extrémité des 6 titres et qui ajoutent à la cohérence et montrent que ceci a été pensé et séquencé comme un petit album. C’est enlevé, c’est beau, suffisamment sobre pour que tout puisse percoler avec fluidité et on conseille bien évidemment.

Byenow - Byenow

La formule du duo est bien éprouvée, surtout dans les sphères autour du folk ou psyché. Et c’est le premier cas de figure qui nous occupe puisque sur cet album de Andrea Dellapiana et Nicholas Remondino c’est de la guitare acoustique, c’est ce qu’on entend d’emblée.

La belle voix d’Andrea peut évoquer Nick Drake dans le registre de tête (Float). Avouez que ce n’est pas infâmant comme référence. Mais elle montre aussi une belle élasticité (Deny The Sun). Parfois articulée autour d’un simple arpège (Cracking Leaves), la musique de Byenow est mélodique mais pas trop pop dans ses intentions. Ils arrivent en tous cas à trouver la distance juste entre un minimalisme déjà beaucoup pratiqué et une tendance pop qui se traduit par trop de légèreté. Ils ne se lancent cependant jamais dans des délires arty ou des recherches de dissonances.

Le résultat rend certains morceaux accessibles et ensoleillés (Stay Away), les bridges musicaux étant assurés par la batterie. C’est à partir d’I Don’t Miss You At All qu’on sent un revirement vers des structures moins linéaires, vers des morceaux présentant plusieurs visages, pouvant carrément et franchement faire décoller The Onmivore’s Dilemma.

The K - Amputate Corporate Art

S’il n’y a pas beaucoup de critiques de musique énervée en ces colonnes, c’est moins par manque d’envie que par crainte d’avoir peu à en dire. On a ainsi écouté tous les albums des Liégeois et Gantois de The K parce qu’ils sont les compagnons de label de groupes moins énervés qu’on vénère ici (Dan San, My Little Cheap Dictaphone, Piano Club, Pale Grey…), les références manquent souvent.

Le dossier de presse nous apprend qu’ils jouent en slip et un peu plus loin qu’ils sont ‘une références pour leurs paires’ (sic). Blague à part, leur réputation, surtout scénique, n’est plus à faire et c’est mérité. La voix est éraillée et énervée juste comme il faut pour être en phase avec la tension de la musique. Elle est parfaitement à sa place aussi quand ils prennent le temps de retirer les doigts de la prise sur Everything Hurts.

Il faut les conditions d’écoute pour The Rougher Aspects of Love, à savoir un pogo difficilement reproductible au casque et en temps de Covid. Mais d’une manière générale, cette musique incandescente repose sur la variété des riffs, du noise années ‘90 à l’alternatif plus anguleux Keep My Nightmares Cold au plus lent et lourd Shit Day. Bref, même pour le béotien que je reste, il y a beaucoup à aimer ici. Pour l’indispensable et occasionnelle giclée d’énergie, la formation a atteint une maturité qui devrait répondre sans problèmes à vos attentes.

Article écrit par Marc

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3 Messages de forum

  • L’album de The K m’a prodigieusement ennuyé, en tout cas je ne suis jamais parvenu à rentrer dedans. En revanche, belle découverte que ces titres d’Archibald... un bon moment de fraîcheur. Cela étant, ton article pose implicitement une question bien plus essentielle : mais où est passé My Little Cheap Dictaphone ?? Sur une île déserte avec Ghinzu peut-être ?

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    • Je dois bien avouer que je ne me suis pas étendu outre mesure sur le The K, les premières impressions étant positives.

      Ce projet Archibald m’intrigue, il n’y a pas beaucoup d’information à son sujet.

      On peut lancer un avis collectif pour ces groupes belges disparus, ça en devient presque inquiétant (et les Vismets ? et Montevideo ?)

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      • Bonjour,
        Nous venons de découvrir cet article qui parle de notre groupe Archibald. Nous sommes ravi que le nouvel EP est plu à son auteur ! Si vous souhaitez plus d’infos, vous pouvez aller sur notre site : http://www.archibaldmusic.com
        Et plus généralement en tapat "archibald music" sur votre moteur de recherche favori. Pour faire court nous sommes basés en région parisienne et nous serons en concert pour la sortie d’ Out Of Sight le 17 septembre prochain (initialement prévu le 24 avril...) aux trois Baudets à Paris.
        Bonne fin de soirée !
        Cordialement
        Nicolas

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