lundi 16 novembre 2020

Les concerts disponibles sur youtube ne sont pas une mesure absolue du talent d’un groupe mais la maîtrise soufflante dont ils font montre sur cette parfaite captation du Pitchfork festival ne laisse pas de place au doute, c’est un groupe du tout haut du panier. La technique cependant est un moyen et pas un but mais elle est indispensable pour assumer ces morceaux sans qu’ils ne virent à la démonstration. Jamais la complexité ne doit apparaître alambiquée, c’est l’effet, le ressenti qui compte, le reste est cuisine. Et côté salle, on est gà¢tés.
Si le potentiel était manifeste la première fois qu’on les a vus, un soir de mars 2007 ils ont décollé verticalement peu après avant de revenir confirmer plusieurs années plus tard qu’ils étaient un groupe décidément précieux. Et ce retour planté avec surprise pile au moment de l’équinoxe d’automne est dans la lignée de leur excellence. Certes Wading in Waist-High Water semble une introduction mais les choses sérieuses n’attendent pas avec Sunblind. Ca y est, ils sont revenus et nous sommes venus au rendez-vous (Ma plus belle histoire etc…) pour profiter de leur force tranquille. Si les moyens sont un peu différents, on ne voit guère que Midlake pour à ce point maitriser leur sujet.
La voix de Robin Pecknold est toujours haut perchée quand elle pousse, donnant à Maestranza une bonne dose de soleil et d’altitude et elle reste comme auparavant le point d’articulation de leur musique. Sa voix et celle des autres puisque les choeurs discrets restent un support indispensable. Can I Believe You serait tout autre (et moins bien) sans eux, même s’il peut compter sur de brèves zébrures électriques.
Un groupe qui a vraiment l’air de savoir ce qu’il fait, qui prend des choix artistiques forts que la maîtrise technique jamais ostensible leur permet d’assumer. Et le plus fort, c’est que tout coule de source comme l’apposition d’une mélodie simple et d’un arrangement complexe sur Cradling Mother, Cradling Woman. Et la luxuriance de Jara reste d’une discrétion exemplaire. Si la plage titulaire commence comme une balade plus classique avant de déployer ses ailes, ils peuvent aussi garder la simplicité d’un irrésistible guitare/voix sur I’m Not My Season.
L’émotion point, souvent amenée par cette sensation d’apesanteur ou de climax (Quiet Air / Gioia). Cette apesanteur est sans doute le résultat le plus gratifiant. Ils ne sont pas de ceux qui veulent serrer le coeur mais l’euphorie légère qu’ils suscitent est une récompense. En 2020, on ne parle même plus de hype ou de buzz, en tout cas plus pour des albums. Survivants d’une époque pas si lointaine et déjà tellement différente, Fleet Foxes est en toute simplicité un énorme groupe, de la race de ceux qui claquent quatre albums comme autant de confirmations.
Seedhead marque le retour d’un artiste qui nous avait envoûté il y a un petit temps déjà et rappelle pourquoi on avait tant aimé ça. Le ton est encore plus apaisé encore, renforçant cette impression de distance, suscitant une envie d’abandon. Portées par une belle voix, les morceaux sont lents, un peu répétitifs, comme une mélopée lancinante. C’est l’impression d’ensemble qui prime tant la (…)
Avec un parcours atypique de l’électronique vers une relecture très particulière du folk et une personnalité indéniable, la personnalité de Fink est toujours aussi reconnaissable. Et ces énièmes retrouvailles se sont encore une fois révélées bien gratifiantes.
Une fois atteinte la balise du blues acoustique le plus dépouillé de Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1, il était revenu à des (…)
En plus d’être remarquablement achalandé (Maxwell Farrington & Le Super Homard, The Apartments, Feldup, Raoul Vignal, GRIVE, Stéphane Milochévitch, Nadine Khouri...), Talitres a le bon goût d’envoyer ses albums bien en avance. Donc on a beaucoup de temps pour s’en imprégner sans être pressé par l’actualité. Et souvent, c’est au bénéfice des artistes. Spécialement dans le cas du duo mixte (…)
On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui (…)