Accueil du site > Musique > 2020 > Anna von Hausswolff - All Thoughts Fly

Anna von Hausswolff - All Thoughts Fly

vendredi 30 octobre 2020, par Marc


Il pourrait sembler étrange qu’une chanteuse charismatique se lance dans l’exercice parfois aride de l’album instrumental mais dans le cas de la Suédoise Anna von Hausswolff, son amour de l’orgue déjà avéré rend la surprise moins grande. Elle a déjà expliqué trouver une partie de son inspiration en découvrant de nouveaux instruments, et son album précédent en était une preuve. Ici, c’est celui de l’Örgryte New Church de Göteborg qui donne cette belle coloration à cet album.

Le hasard met dans nos oreilles deux albums autour de l’orgue et par bonheur, les résultats sont très différents mais enthousiasmants. Certes, l’instrument est au coeur des préoccupations et un apport extérieur (celui de Filip Leyman qui co-produit) est aussi présent, mais au lieu de privilégier la majesté et l’ampleur du son comme chez Michaël Schönheid, la démarche est plus intimiste ici, profitant plutôt des possibilités techniques annexes. Par exemple sur Sacro Bosco, ce sont les ouvertures et fermetures de pédales qui créent la matière première du son avant que les accords n’arrivent, plus en nappes qu’en puissants arpèges.

Cet album est soigneusement séquencé, ce n’est pas une démonstration au clavier. Les premiers morceaux apparaissent tout de même comme du drone organique. Ce sont les Le travail se fait sur les textures, les harmonies, moins sur les mélodies dans un premier temps. Et puis elle passe à des suites d’accords mineurs plus classique sur Dolore di Orsini. Sur Persephone, on a une vraie progression. Mais toujours en demi-teinte, les grandes orgues ne sont pas convoquées. Le résultat n’est donc pas gothique, même si le final Outside the Gate (for Bruna) est cérémonieux comme on l’espérait.

Très minimaliste et éloigné du spectaculaire des meilleurs morceaux de la Suédoise, All Thoughts Fly ne dégage finalement ni mélancolie tenace ni sensation d’oppression. Elle décide de ne pas explorer les possibilités spectaculaires de l’instrument ou de sa voix (absente ici). Ce n’est donc aucunement une version allégée, mais une approche vraiment différente au résultat étonnant et séduisant.

Article écrit par Marc

Share on Facebook

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0