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Séance de Rattrapage #89 - Beingmoved, Phoebe Bridgers, Edor

mercredi 9 décembre 2020, par Marc


Beingmoved - Smiles and Bigger Hearts

Normalement, des envies pop et des grosses guitares, c’est une combinaison qui a tendance à nous faire fuir pour des raisons qu’on ne pourrait expliquer. Mais ici, la simplicité, le ton de la voix solide mais décontracté d’Andrea Nocco font que le quatuor italien a emporté tout de suite l’adhésion avec son premier album.

My House aurait pu être tiré d’un album d’il y a un quart de siècle. Pas que ça sonne daté, mais on a perdu à titre personnel l’habitude de se frotter au genre depuis cette époque-là. Bon, on n’est pas dans le grand écart mélodique et faussement énervé d’un The Posies non plus.

C’est direct, facile, un rien ensoleillé et résolument tourné vers les nineties, prenant plusieurs teintes, de la plus apaisée (Happiness) à une plus dense (The Hardest Way). Evidemment, c’est toujours bien quand le rythme accélère un peu, donnant il est vrai un résultat plus linéaire (Over !). Bref, un album dont l’écoute se révèle rafraîchissante, si pas réconfortante.

Phoebe Bridgers - Copycat Killer EP

Il est des gens qui répondent à des questions qu’on ne s’est pas posé. Aujourd’hui, c’est “que donneraient les chansons du dernier album de Phoebe Bridgers avec des arrangements uniquement faits de cordes ?”. On avoue, Punisher se présente comme un album tellement imparable en soi que ce genre de considération nous a échappé complétement. Depuis cette sortie essentielle qui lui vaut une nomination aux Grammys, elle s’impose comme une des artistes les plus en vue et on ne peut que s’en réjouir.

Sous le nom sibyllin de Copycat Killer (allusion à une phrase de Punisher) se cache en fait le violoniste et attangeur Rob Moose qui peut se targuer de collaborations avec The National, Arcade Fire, Bon Iver et autres My Brightest Diamond, il n’y a pas qu’Owen Pallett dans la vie. Ces cordes sont d’ailleurs somptueuses, ajoutant du support sans jamais se faire pompières. Certains morceaux en ressortent plus positivement transformés, notamment quand il y avait moins de cordes sur la version originale (Kyoto, splendide) mais d’une manière générale, la si fine et humaine écriture de Phoebe Bridgers prend un coup de projecteur supplémentaire.

Petite piqûre de rappel d’une des œuvres majeures de l’année ? Déclaration d’une des artistes les plus influentes de l’époque ? Petit supplément pour fan avide ? Ce petit EP est un peu tout ça et se profile donc comme indispensable.

Edor - Myself

On est toujours moins curieux qu’on aimerait le penser. Mais quand on s’aventure à demander un album (et qu’on s’engage tacitement à en parler), des découvertes sont à faire. On connaît toujours peu de choses du musicien bruxellois Edor mais le moins qu’on puisse dire est qu’il possède un bien beau talent.

C’est un peu à la lisière de nos goûts mais tellement fondant qu’on le suit. Sa douceur générale n’a d’ailleurs pas la fragilité de projets plus intimistes. C’est extrêmement bien fichu, osant même un solo de guitare sur Myself. Certes, on a déjà entendu souvent le genre d’attaque de sons de guitare de Flowers mais c’est indéniablement bien placé, donne du relief et constitue un gimmick bien attractif. Ce morceau qui va et vient par vagues distille une douce mélancolie. Mais on décèle aussi une envie de spectaculaire qui s’exprime avec suffisamment de retenue de sa part et de celle de Ozya sur Miss You pour que l’émotion puisse percoler.

On apprécie aussi quand il joue d’un peu de lourdeur (Sober) et l’occasionnelle. Et la lenteur occasionnelle ne fait pas décrocher Turn Off The Light ou Show Me How You Dance. C’est donc un escapade hors de notre camp de base qui s’est révélée bien gratifiante et qu’on conseille sans réticence.

https://edormusic.bandcamp.com/album/myself

Article écrit par Marc

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