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Mes albums préférés de 2020

lundi 28 décembre 2020, par Marc


111 albums ou EP’s critiqués, 82 écoutes intégrales proposées, c’était dans les chiffres une année plutôt ordinaire, ce qu’elle n’était pas dans les faits. La musique a largement contribué à rendre cette année plus supportable, plus belle aussi. J’ai sélectionné 27 albums, un chiffre qui correspond à plus ou moins un sur 4. Et toi, tu as écouté quoi de bien pour passer à travers 2020 ?

27. The Apartments - In and Out of the Lights Plutôt que d’influences compliquées à tracer, surtout venant d’un groupe créé il y a plus de quarante ans, on peut parler d’une connivence avec moultes artistes qui nous parlent franchement. Même si on ne situait pas vraiment la formation, il n’a pas fallu longtemps pour se sentir à la maison, pour profiter pleinement de cet album à la mélancolie tenace mais légère, intense sans être jamais pesant.

26. Sophia - Holding On/Letting Go On doit tant à Robyn Propper-Shepard, tant de moments forts, la découverte d’émotions qu’on ne pensait pas transcriptibles en musique. Il poursuit donc sa route avec bonheur, variant peu mais évoluant bien. La fidélité, ça paye.

25. Jean-Louis Murat - Baby Love Cette période étrange et des conditions d’écoute différentes (moins intenses et plus étalées) est propice à ce style d’album. Si notre esprit en roue libre se demande parfois ce qu’auraient pu donner ces morceaux avec des atours différents, il n’a pas encore pu trancher. On sort de cet album avec l’envie d’entendre le suivant, signe d’une connivence maintenue avec cet artiste singulier.

24. Johnny Labelle - XVIII L’équilibre trouvé entre ses tentations orchestrales et un contrepoint de guitares plus carré est subtil. Et puis quand on s’est bien installés, il plante In The Sun. On oublie alors toute référence, parce que l’important se passe là, dans nos oreilles, avec tout simplement un très grand morceau. Transcender ses influences pour s’imposer en tant qu’artiste unique, voilà le but de bien des démarches artistiques. En se plaçant dans une filiation assez claire (Scott Walker, Richard Hawley), le Grec Johnny Labelle propose un grand album.

23. Mikaël Delta - Elation On aime cette subtilité, cette émotion rentrée et cette complexité peu prétentieuse de 3AM Thunder, ce mélange de glitch et nappes de synthé sur The 5 Principles. Une des forces du producteur grec est d’arriver à associer tant de choses avec naturel, privilégiant les sons glitch (A Perfect Day) ou plus cotonneux (At The Old Airport), arrivant à créer de la beauté d’un bruissement DIM 111 ou d’un piano seul avec un souffle (The Sky Inside Me). Des bonnes choses donc que je vous propose de (re)découvrir.

22. Thousand - Au Paradis Si quelques ressemblances sont inévitables, Stéphane Milochevitch confirme une belle personnalité et un ton qui n’appartient qu’à lui. Parce que parmi les découvertes les plus enthousiasmante de ces dernières années en France, il a eu Thousand. Un ton singulier qu’il cultive encore ici pour une nouvelle réussite qui érige l’ambiguïté en vertu cardinale.

21. Bright Eyes - Down in the Weeds, Where the World Once Was Si on n’avait pas attendu avec anxiété ce nouvel album, on n’en boude pas son plaisir pour autant. Avec le temps, on a non seulement appris à faire sans Bright Eyes mais à préférer les projets parallèles. Mais il faut se rendre à l’évidence, la mise en son et son ampleur, bien supérieure à ses équivalents justifie de reformer le désormais trio pour livrer un album qui n’a pas peur de ses effets et qui contient de vrais morceaux de bravoure.

20. Sufjan Stevens - The Ascension Même si ce trop copieux album est trop ambitieux, trop disparate, il montre à quel point Sufjan Stevens est talentueux, inspiré et curieux. On a aimé ce perdre dans ce dédale de douceur de l’espace.

19. Texture Droite - Vibrant Pixel Vibrant Pixel est un des exemples typiques de ces albums qu’on use sans pouvoir trouver matière à commenter. Alors on essaie quand même, parce que c’est la seule façon d’en laisser une trace de de faire envie. Voilà, l’album est à vous maintenant.

18. Volin - Cîmes Mêler des tendances indie américaines avec la langue française est une idée intéressante à la base mais elle ne suffit pas à faire de bons albums. Le second des Montpelliérains de Volin les voit raffiner leur son, développer leur différence et confirmer qu’on a envie et besoin d’eux. Ce n’est en aucun cas une décalque, c’est une des meilleures formations hexagonales qu’on écoute ici. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais avec deux réussites en autant d’album, Volin est définitivement installé dans son style

17. Wire - 10:20 Ne rien faire comme les autres n’a que peu de sens si on n’en profite pas pour faire mieux que les autres. En reprenant avec l’inspiration du moment des morceaux issus de périodes très différentes, Wire produit un album au final moderne, aussi inclassable qu’eux et peut-être plus enthousiasmant que Mind Hive paru plus tôt dans l’année. Vous êtes simplement curieux et se frotter à des albums immortels vous impressionne ? Cette relecture de morceaux pourrait être une introduction idéale avant de vous plonger dans une des plus passionnantes discographies du demi-siècle passé.

16. Will Butler - Generations Plus abouti que son prédécesseur, Generations prouve que la carrière de Will Butler n’est pas une récréation en marge d’un super groupe, il a maintenant montré qu’il est un artiste singulier, un interprète intense et inspiré qui nous est plus précieux que la lente et visiblement inéluctable descente artistique d’Arcade Fire.

15. Sébastien Brun - Ar Ker On ne l’a pas vu venir. Pas sur papier où on sentait un album plus cérébral. Ni avec un extrait qui montrait certes déjà que c’était puissant et organique mais ne présentait pas une image complète. Ni avec des premiers morceaux tout en progression. Plus qu’un album, c’est un set, voir un trip qui est proposé ici. Les live ne sont certes pas sur le point de reprendre, mais ceci devrait en constituer une matière de premier ordre. En tant qu’album, c’est une irrésistible fusée à étage qui vous propulsera sur orbite à chaque fois.

14. Feldup - A Thousand Doors, Just One Key On est toujours surpris de voir des chanteurs adopter des références plus âgées qu’eux. Si rien n’est un hommage appuyé, c’est une démarche débrouillarde et éclectique des années ‘90 qui est remise à l’honneur. Et comme les morceaux qui en résultent sont enthousiasmants, on en déduit qu’on s’est fait un nouveau pote musical, un artiste jeune et déjà bien affirmé qui est non seulement arrivé à raviver de fort bons souvenirs mais livre des morceaux qui comptent en cette année 2020 tout en ayant encore une belle marge de progression.

13. Destroyer - Have We Met Ecouter de la musique et en parler est une expérience à la fois émotive et intellectuelle et Dan Bejar joue depuis toujours sur les deux tableaux. Qu’on se laisse porter par la musique ou sa diction unique ou qu’on se penche sur des textes un peu opaques mais fascinants, on apprécie, à chaque fois.

12. Perfume Genius - Set My Heart On Fire Immediately Des débuts fragiles et touchants, une suite qui le voit sortir spectaculairement de sa coquille, et puis une phase de maturation à petites touches sans jamais frôler la répétition ou la facilité, le talent de Mike Hageas s’affirme toujours. On avait d’emblée décelé du talent chez Perfume Genius, mais la façon dont il l’exprime est surprenante et dépasse toutes les espérances. Il a en effet très tôt pris la tangente sans se renier, essayé et réussi à devenir plus flamboyant et aventureux pour maintenant assumer une forme plus directe que son talent mélodique permet aussi. La constance et l’éclectisme proposé ici ne peut que forcer l’admiration.

11. Fleet Foxes - Shore L’émotion point, souvent amenée par cette sensation d’apesanteur ou de climax (Quiet Air / Gioia). Cette apesanteur est sans doute le résultat le plus gratifiant. Ils ne sont pas de ceux qui veulent serrer le coeur mais l’euphorie légère qu’ils suscitent est une récompense. En 2020, on ne parle même plus de hype ou de buzz, en tout cas plus pour des albums. Survivants d’une époque pas si lointaine et déjà tellement différente, Fleet Foxes est en toute simplicité un énorme groupe, de la race de ceux qui claquent quatre albums comme autant de confirmations.

10. Selfless Orchestra - Great Barrier Comment des musiciens australiens venus d’horizons aussi différents (du metal à un orchestre symphonique) et unis par une noble cause (la défense de la grande barrière de corail) arrivent-ils à autant de cohérence et d’intensité ? Ce post-rock inspiré est à la hauteur des grands Godspeed, ce qui n’est pas peu dire).

9. Crack Cloud - Pain Olympics Se rendre disponible pour ce genre de bonne surprise, voilà une belle mission qui nous tient à coeur. Parce qu’il y a toujours des formations qui viennent nous titiller, mêler des choses qu’on aime d’une façon qu’on ne connaissait pas encore. On était venus pour l’incendie post-punk, on est revenus pour tout le reste, pour la faculté incroyable à trousser un album varié et prenant. Avant une rentrée copieuse, Pain Olympics annonce son aller simple sans retour vers les albums marquants de 2020.

8. Wolf Parade - Thin Mind Ensemble ou séparément, on adore toujours ces artistes canadiens. Il est toujours rafraîchissant d’écouter du rock qui ne soit pas une décalque de choses du passé de toute façon. Thin Mind est un des premiers grands albums de l’année parce que tout fonctionne. S’ils ont apparemment trouvé le genre qui marche à tous les coups, ils arrivent à suffisamment le décliner pour que leurs albums soient d’imparables enfilades de morceaux puissants. Rien ne remplace l’addition de deux artistes intenses et concernés.

7. I Am Stramgram - When The Noise Becomes Too Loud On juge un album à ses plus hauts faits, c’est une habitude mais un album est excellent quand les morceaux qu’on n’avait pas remarqué spécialement au début remontent dans l’estime avec les écoutes. C’est ce qui se passe sur Shattered Ground et ses cordes soyeuses. Donc la compétence est une qualité qui se polit, et qui se confirme ici. Les réussites dans le genre s’appellent Loney, Dear ou Low Vertical, et on peut y ajouter cet étrange patronyme. On est clients du genre, certes, mais tout le monde va y gagner à l’écouter.

6. Owen Pallett - Islands On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu. Et si la lenteur initiale déroute de prime abord pour un album pop (dans l’acception large et noble du terme), une écoute plus attentive confirme point par point l’étendue du talent d’Owen Pallett, Grand chanteur, enlumineur de classe mondiale qui peut au choix rehausser ou structurer un morceau, il peut même se permettre de céder son violon et prendre la guitare sans perdre une once de son intérêt. Si ce n’est pas une surprise, après un peu de temps le doute n’est plus permis, il a encore commis une oeuvre majeure.

5. Other Lives - For Their Love Moins exposés qu’à l’époque de Tamer Animals, Other Lives n’en continue pas moins à produire des albums parfaits, d’un équilibre exquis, en apesanteur et les pieds sur terre. L’évasion immobile qu’ils proposent nous est toujours indispensable.

4. Phoebe Bridgers - Punisher Il y a un peu plus d’un an, on la découvrait aux côtés de Conor Oberst. Avec boygenius ou toute seule, elle a vite fait partie de nos chanteuses préférées. C’est indéniablement une artiste majeure de l’époque, avec une nomination aux grammys au passage. Si vous avez un petit goût de trop peu, il y a un EP qui retravaille quatre de ces titres essentiels avec des cordes. Phoebe for president !

3. Benjamin Biolay - Grand Prix Benjamin Biolay fait du Benjamin Biolay et bien franchement, on n’osera jamais en demander plus. Surtout qu’on prend au fil de l’eau quelques morceaux marquants. Revenu à un mode plus généraliste, il confirme que sa place dans la chanson française est tout là-haut. Si on n’ira pas jusqu’à dire que tout renverse ici parce que certains morceaux s’éloignent de nos goûts personnels, ceci est un de ses albums les plus percutants, s’inscrivant dans une discographie maintenant rien moins que passionnante.

2. Loma - Don’t Shy Away Ca ne devait être qu’un one-shot réussi (album de l’année ici à l’époque tout de même) mais le trio (Emily Cross, Dan Dusczinsky et Jonathan Meiburg) revient avec un album encore plus dense, plus riche, plus envoûtant. On n’a pas fini d’adorer ces artistes-là...

1. I LIKE TRAINS - KOMPROMAT On adore Iliketrains depuis leurs débuts, on avait craqué pour leur intensité folle, pour cette fièvre post-rock et cette voix de baryton. Leur retour est aussi intense, mais versé vers le post-punk, concerné, entêtant, la musique est en phase avec notre temps. Et puis il y a ce supplément de charisme, cette diversité qui fait mouche à chaque fois. On sait qu’on les mettra sur la première marche depuis le mois d’août...

Article écrit par Marc

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4 Messages de forum

  • Mes albums préférés de 2020 31 décembre 2020 13:58, par Laurent

    Très chouette classement, le genre qu’on ne verra nulle part ailleurs. Le numéro 1 était évidemment prévisible quand on suit assidûment l’activité du site. ;-)

    Au rayon français, j’ai préféré Thousand à Volin (deux beaux albums cela dit) ; en rock, l’album d’Other Lives à celui de Loma. Ah oui : Fiona Apple et Muzz devraient être dans le top. Remboursez ! :-)

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    • Mes albums préférés de 2020 14 janvier 15:28, par Marc

      Evidemment, pas de révélations fracassantes sur le tard. Mais bon, qui sait, dans un énorme paquet de morceaux reçu récemment, il y a peut-être des découvertes...

      Sinon je n’ai pas (encore) écouté le Muzz et j’ai décroché de Fiona Apple il y a bien longtemps.

      Je rembourse donc...

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  • Mes albums préférés de 2020 1er janvier 12:19, par Guismo

    Oui, très chouette top en effet. Très très peu d’écoutes cette année pour moi...suis resté dans les "vieux trucs". Other Lives étant mon préféré cette année. Sufjan, Stokes et Olafur pas loin.

    PS : Mauvais copié/collé pour le texte sur Benjamin Biolay

    Eric

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    • Mes albums préférés de 2020 15 janvier 07:46, par Marc

      Bah, si je découvre, c’est qu’on m’envoie beaucoup d’albums. Sans ça, je reste dans les mêmes noms que toi.
      Merci pour Benjamin Biolay, c’est corrigé. Et bonne année !

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