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Séance de Rattrapage #93 - JP Goulag, oplen, Stearica

lundi 29 mars 2021, par Marc


JP Goulag - Mistaken (EP)

Sur le premier EP des Lyonnais de JP Goulag (étrange et amusant nom), Dying Breed comporte tout de même des références claires à Nirvana. La voix est différente, on n’est pas dans l’hommage. On a un peu perdu l’habitude d’entendre ce son un peu trop propre pour être du grunge, qui n’aurait pas déparé une cassette rock des années ‘90. Non, pas le style le plus commenté en ces colonnes virtuelles. Dans la dynamique des morceaux, on pense aussi aux Pixies.

C’est revendiqué comme du garage et c’est puissant et enlevé, très pop comme les références de l’époque qui cachaient quand même sous les chemises de bucheron et les pédales de distorsion une envie de facilité mélodique. Quand ça se calme un petit peu dans le tempo, le son peut se faire plus abrasif encore, et le refrain peut exploser comme le veut le genre. Pas à dire, c’est réussi. A titre personnel, quatre titres c’est une dose idéale, tout comme on n’envisagerait pas d’avaler un demi-litre d’expresso pour démarrer la journée.

oplen - O-P-L-E-N

Ce premier EP des Suédois sort de façon numérique et en cassette. Si cette coquetterie nous laisse toujours perplexe, elle a le mérite de faire une distinction entre les 5 premiers morceaux constituant la face A et le long morceau ambient assurant la face B.

On se concentrera logiquement sur ces premiers titres qui font d’emblée la part belle à de la distorsion. Ces sons qui ont été transmis au grand public par des gens comme Daft Punk. Si ces derniers marquent la limite du supportable en musique électronique, vous n’allez pas adorer ceci. Par contre, si vous voulez pousser le principe plus loin, ceci vous plaira. Ce contexte est évidemment fort différent du légendaire et surcoté duo. Les montées sont plus douces, les visées moins dancefloor sans doute. Et puis on arrive bien plus loin. P est aride, ne jouant presque que sur des variations de distorsion. N est vraiment envoûtant, avec une pulsation qu’on penserait tirée d’un vieux Underworld mais sur un nid de son bien plus subtil. Bref, les 5 premiers morceaux offrent une belle palette et un beau cheminement, même si votre deck cassette vous a lâché en 1998...

Stearica - Golem 202020

Ce n’est évidemment pas la première fois que quelqu’un se lance dans l’écriture d’une musique pour un film ancien. Les deux premiers exemples qui viennent en tête sans consulter google sont Sunrise de Murnau par Zita Swoon et Le Voyage Dans La Lune de Méliès par Air. Les affinités naturelles du post-rock pour l’illustration sonore ne sont évidemment plus à prouver comme en témoignent les exercices nombreux d’un Mogwai.

Ce projet a été commissionné par The Italian National Museum of Cinema qui souhaitait dans le cadre du Traffic Free Festival de concevoir une illustration sonore pour un classique du film d’horreur muet Der Golem, wie er in die Welt ka. Non, on n’a pas vu le film, mais s’il serait intéressant de voir la conjonction des deux, cette musique peut se concevoir sans support visuel si écouter du post-rock ne vous est pas incongru.

Si cette musique repose sur de l’improvisation, ne vous attendez nullement à de l’à-peu-près. Dès le second morceau, on monte indéniablement. On guette l’ambiance, peu anxiogène forcément. Mais on guette aussi le changement de braquet, l’adrénaline. Elle arrive évidemment, au détour de The Rose Festival Part.2. Les moments les plus intenses comme In Flames sont évidemment les plus plaisants, mais ils sont aussi mis en évidence par le reste, cet album forme un tout. Ce solide post-rock à guitares ravira les amateurs de l’exercice, le trio italien maitrisant manifestement son sujet.

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Article écrit par Marc

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