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Mickey 3D : Matador

lundi 21 août 2006, par Marc


La vie est faite de surprises, encore faut-il les provoquer. De Mickey 3D, l’image que j’avais, c’était les calamiteux Respire et Tu vas pas mourir de rire. Un genre de prêchi-prêcha au premier degré avec hautes considérations désespérées sur le sens de la vie. Le second a même un haut potentiel comique tant la noirceur à deux balles est exagérée. L’écologie, oui, le catéchisme y afférant, non... Et puis cet air blafard de taupe déterrée d’une pelouse de zone industrielle. Et puis les paroles écrites pour le nunuchissime J’ai demandé à la lune, monument à la résistance nerveuse d’Indochine. Et puis ce duo répétitif jusqu’à l’usure avec Jane Birkin. Donc voilà, Mickey 3D, ce n’était pas ma tasse de thé. Une des énigmes les mieux gardées de la chanson française (avec Dyonisos qui le reste encore pour moi).

Et puis il y eut ce Matador, ces paroles douces-amères, ce thème ne touchant enfin plus ceux de Saez. Et puis le scrupule de ne pas mieux connaître. Je l’ai mérité, donc, le petit plaisir éprouvé à l’écoute de cet album.

Commençons par éliminer les chansons "engagées" (Le sixième sens, répétitif et prétentieux) ou trop dépressives (Sparadrap, La chasse à la vipère). Qu’on ne s’y trompe pas, mes goûts musicaux (et littéraires) m’ont toujours porté vers le spleen, mais il y a des gens qui font ça tellement mieux (sans aller chercher Joy Division et Barbara). Quand la mélancolie se fait plus légère elle est bien meilleure comme sur Réveille-toi ou Quand on avait 7 ou 8 ans.

Et musicalement ? Tant il est vrai qu’en chanson française, la musique ne sert d’emballage, ici le niveau est plutôt élevé selon les standards hexagonaux. Etre léger sans sonner variété, c’est le défi plutôt réussi par Mickey et ses trois dés, comme ceux de ne sonner ni comme Noir Désir ou des anglo-saxons (un peu de Placebo dans Les mots ?). Maintenant, jouons au jeu des évocations.

Le final Une nuit à la Terre-plate peut renvoyer aux intermèdes instrumentaux des David Bowie sur sa trilogie Berlinoise. La fin du peuple fait un écho plutôt rigolo au sombre Suicidez-vous le peuple est mort de Jean-Louis Murat. c’est à peu près tout. Ces considérations bien alambiquées je vous le concède montrent le caractère assez singulier de Mickey 3D. En même temps, ce n’est pas renversant d’originalité et aucun frisson ne m’a parcouru au cours des écoutes, mais quand on s’attend à envoyer son ipod par la fenêtre c’est presque un soulagement. Ceci dit, je ne pense pas qu’il reviendra souvent dans mes oreilles.

N’osons pas écrire que Matador est un monument, on en est fort loin, mais le talent est indéniable lorsque les thèmes abordés ne sont pas "le monde va mal" et "la vie est nulle". Un dégraissage est donc indispensable pour apprécier cet album. Dans ce cas-là malheureusement, il ne reste presque rien, et concentrés au début de l’album. C’est néanmoins toujours ça de pris. (M.)

Article écrit par Marc

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