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Annika and the Forest - Même la Nuit

vendredi 1er octobre 2021, par Marc


On l’avoue, un talent féminin éclectique et un peu électronique, c’est quelque chose qui nous plait. On peut penser à Bat For Lashes, Harrys Gym, Jeanne Added, Odd Beholder ou autres et on ajoutera donc la Suédoise Annika Grill et son troisième album.

On est d’emblée mis à l’aise par un petit air de Metric dans leurs moments les plus gorgés de beats et de guitares combinées (Thinking Crazy). On apprécie qu’Empty Space soit empli de cette énergie. Mais ce n’est pas la seule pour un album qui évolue au fil de l’écoute. Il pousse en effet avec succès le curseur de la mélancolie (My Lockness), ou des deux (énergie du désespoir ?) sur Pretence. Et même quand on est entre ces deux pôles plus intimistes ou énergiques, il y a suffisamment de mystère pour maintenir l’attention (Même La Nuit).

Quand on voit à quel point les trois premiers morceaux d’emblée bien différenciés, on se dit qu’on aurait affaire à Goldfrapp qui pratiquerait tous ses styles sur un seul album. Parce qu’elle ose ralentir, se faire plus intime, et c’est bien beau aussi (Simon Says) quand cette voix pousse sans jamais devenir fragile. On s’aventure alors plus près des eaux saumâtres d’une Beth Gibbons. Une guitare acoustique (celle de Maxime Delpierre) suffit même sur You and Me. Et on étend encore la palette à coups de petites guitares aigres et variations de ton et de rythme vraiment réussies (Sometimes), avant de reprendre presque abruptement les rênes sur Thinking Crazy.

Réussir l’éclectisme sans perdre le fil, mêler énergie et mélancolie, ce sont quelques-unes des réussites de cet album attachant qui a donné du peps à notre rentrée.

Article Ecrit par Marc

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2 Messages

  • Annika and the Forest - Même la Nuit 2 octobre 2021 07:19, par Laurent

    Voilà une découverte qui m’a procuré bien du plaisir, même si je dois avouer avoir été moins captivé par les moments plus enlevés (cette phrase contient une figure de style). J’ai envie de citer un nom (la première écoute de Pretence m’y a fort fait penser) : Polly Scattergood. Belle ouvrage en tout cas.

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