Accueil > Critiques > 2005

My Morning Jacket : Z

lundi 21 août 2006, par marc


Les malentendus peuvent être constructifs. Le preuve avec ce deuxième avis. C’est du bonus, c’est cadeau c’est bonheur.

Encore un disque que je traîne depuis des mois sans arriver à mettre les mots qu’il faut en ligne afin d’en faire une critique. Mais bon, en l’oubliant quelques semaines et en y revenant les choses sont plus claires.
Clair, c’est le mot, même cristalline comme la musique et la voix qui anime ce disque. On serait tenter de dire qu’on assiste à un moment de grâce comme l’ont connu les Manic Street Preachers sur "This is my truth, tell me yours". Ainsi sur ce Z, les chansons s’enchaînent avec un facilité déconcertante avec une homogénéité dans le son et le ton. Et encore, le groupe a la bonne idée de faire des escapades en dehors du rock progressif sage et éthéré du début de l’album par exemple sur des morceaux plus noisy tels What A Wonderful Man.

Un disque à écouter au calme, d’une traite et qui fait penser à fin d’après midi d’été douce et tiède. Un disque sur lequel il faut revenir pour la richesse de l’accompagnement et de la production. (F.)

L’ancien avis vaut toujours :

Il y a plusieurs façons de trouver de novelles choses à écouter. Etre à l’affût des critiques américaines est une solution qui m’a permis de découvrir Wolf Parade et Clap your hands say yeah. Parmi les albums récents acclamés figure celui-ci. Et on se dit qu’on ne pense pas de la même façon des deux côtés de l’Atlantique.

Car si l’album est d’une qualité indéniable, avec une voix aiguë et très échoïsée (It beats for you, meilleur morceau), le niveau est loin d’atteindre celui de ses corréligionnaires de haut de classement (Sufjan Stevens tenait la corde aux dernières nouvelles). Au jeu des évocations, la fin de off the record peut faire penser à Air, et on a droit à une ballade à la Beatles (Into the woods) avec même le choeur allumé.

Le rock est parfois solide comme de l’américain (Anytime) avec un petit orgue et des intonations de voix (pourtant poussée au maximum) qui viennent nous rappeler qu’on n’est pas chez Springsteen (on pourrait y être sur Lay Low). Allez, il faut obligatoirement faire référence à U2 sur Gideon si on prend la précaution de pousser un peu le son.

Les douceurs ne me touchent que peu (Knot comes loose) malgré certains accents à la Neil Young. On retrouve l’influence du génial Canadien sur le solo final de Dondante qui clôture ce (court) album.

Le tout est moins subtil et, par là, moins attachant que ce que fait Wilco par exemple. Les goûts américains ne sont donc pas toujours les nôtres et je doute que cet album fasse un tabac ici, malgré le talent d’écriture indéniable, mais le tout manque de la plus élémentaire finesse. (M.)

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • My Morning Jacket : Z 16 avril 2009 22:20, par Matador

    Contrairement à vous, je pense que, comme c’est moins subtil que Wilco, c’est aussi plus attachant. Ce disque manque en effet de la plus élémentaire des finesses. ça me l’a rendu touchant, à défaut d’être réellement excellent.

    Voir en ligne : http://between-the-lines-of-age.blo...

    repondre message

    • My Morning Jacket : Z 18 avril 2009 19:36, par marc

      Disons que cette critique a été écrite il y a cinq ans et que pas mal d’eau a coulé sous mes ponts (plein d’albums bien sûr), mais aussi un séjour "là-bas". Je comprends mieux le contexte qui sous-tend un album comme celui-là. Par contre, s’ils restent intéressants comme jam-band en live, je n’aime toujours pas ça. Et leur dernier album ne me fera pas changer d’avis (http://mescritiques.be/spip.php?article670). Ceci dit, Wilco a aussi sombré dans le côté obscur du joli seventies...

      J’ai bien aimé ton article en tous cas

      repondre message

  • They Call Me Rico - Wheel of Love

    Le substrat musical sur lequel a poussé ce cinquième album de They Call Me Rico, projet de Frédéric Pellerin du groupe Madcaps, c’est l’americana et le blues. Et on le sent, souvent. Certains morceaux en sont encore baignés (This Old Dog, Don’t Let You Go Down). Wheel of Love est plus proche de ce canon rock et dans l’ensemble, c’est un fort plaisant rappel de la base de tout ceci.
    Mais si on a retenu (...)

  • Iggy Pop – Every Loser

    Le fun perçu est une des mesures les plus pertinentes pur évaluer un album d’Iggy Pop. Si on l’a croisé récemment aux côtés de Catherine Graindorge, il revient avec un Every Loser qui convoque logiquement une belle pelletée de connaissances du rock ‘n roll (Duff McKagan de Guns ‘n Roses, Stone Gossard de Pearl Jam, Dave Navaro et Eric Avery de Jane’s Addiction’s, Chad Smith des Red Hot Chili Peppers et (...)

  • The Poison Arrows - War Regards

    Un lapsus peut vous propulser dans l’actualité. Un émail signé War Regards à la place du Warm Regards donne à cet album du groupe de Chicago un air de prémonition inévitable.
    Il est étrange de pénétrer l’univers d’un groupe à travers des remixes. Ceux-ci ayant plu, il semblait logique de reprendre le fil de leur discographie. On découvre en tout cas une musique dénuée de l’électronique des remixes, au (...)

  • Foo fighters - Wasting Light

    Sortie du désert.
    Bien que n’ayant pas écouté un album entier des Foo Fighters depuis quelques années, je dois bien avouer avoir une certaine sympathie pour Dave Grohl. Ce mec est cool, point barre. De clips décalés en prestations explosives, en passant par des interviews dans lesquelles le côté relax du bonhomme transpire, Dave s’est construit un des plus gros capital sympathie du monde du rock. Et (...)

  • HEALTH - RAT WARS

    Même après des années passées à autre chose (des musiques de film, des versions disco), la puissance de feu d’HEALTH a laissé une trace manifeste. Mais il a fallu un rabatteur de qualité pour qu’on ne passe pas à côté de cet album. Le souvenir bien qu’ancien était toujours cuisant et on retrouve le trio avec un plaisir certain.
    Ils ont collaboré avec Nine Inch Nails ou Xiu Xiu et ces cousinages semblent (...)

  • Beirut – Hadsel

    Bien honnêtement, quand on a découvert Beirut en 2006, on ne se doutait pas qu’on allait suivre le jeune Zach Condon pendant plus de 17 ans. Cette musique fortement influencée par les fanfares balkaniques a suscité d’emblée l’intérêt mais le procédé semblait trop étriqué pour s’inscrire dans la longueur. On avait tort, forcément, et ceci en est un nouveau rappel.
    En première écoute, ce Hadsel est plutôt en (...)

  • Animal Collective – Isn’t It Now ?

    A une époque où la modernité n’est plus une vertu cardinale, il peut être étonnant de retrouver cette conjonction de talents (Avey Tare, Panda Bear, Deakin et Geologist) aussi en forme après près d’un quart de siècle d’existence. Avec Time Skiffs, on pouvait clairement parler d’une nouvelle période pour le groupe, un revirement vers plus de musique ‘figurative’ par opposition aux brillants collages (...)

  • Caleb Nichols - Let’s Look Back

    L’artiste qui aura fait le plus parler de lui en 16 mois est un prix qui ne rapporte rien sinon des critiques multiples et sans doute un peu de confusion de la part d’un lectorat débordé. Bref, après avoir pris congé de Soft People, l’actif Caleb nous a donné un album un opéra rock Beatles queer puis deux EP qui mélangeaient chansons et poèmes autour du personnage semi-autobiographique de Chantal. Sa (...)