Accueil > Musique > 2022 > Secte - Secte

Secte - Secte

mardi 1er février 2022, par Marc


On accueille toujours les retours des groupes, il en est de même des labels. Après un retour entériné notamment par le très bon ( r ), on retrouve avec surprise et ravissement Cheap Satanism. Et on peut dire qu’avec le Mulo Muto et Black Lava, ceci et ce qui arrive, la qualité et la variété sont au rendez-vous. Une certaine forme d’exigence aussi, ne nous voilons pas la face.

Secte est un duo formé de Grégory Duby à la guitare (K-branding, Jesus Is My Son, ...) et David.C à la batterie (Vitas Guerulaitis) qui nous gratifie d’un rock instrumental qui serpente. On note des tendances orientalisantes mais moins patentes que les escapades d’Esmerine ou Oiseaux-Tempête. La formule du duo rend tout ceci plus direct, plus brut. Et on se rend compte que cette formule est gagnante. Il n’y a pas besoin de dédoublement de pistes artificiels pour que l’ampleur soit là.

Certes, on peut entendre des choses plus linéaires (enfin, tout est relatif...) comme For Miles mais les improvisations à la guitare semblent recréer le climat du second disque d’Ummagumma, en y arrivant souvent. Mais surtout il y a des morceaux qui frappent. Ce Syria qui monte franchement. On n’est pas près d’oublier cette batterie. Ce plaisir franc et irrésistible, cette émotion qu’on guette au détour de chaque morceau de post-rock est ici, intacte et sincère. On a adoré aussi l’entêtant Longa D et le beau final ample de Secte (le morceau de l’album du même nom du groupe du même nom).

Avoir un style, c’est déjà fort bien. Quand il y a en plus quelques moments de bravoure pour l’exprimer et le transcender, c’est encore mieux. Le line-up réduit aide le duo à garder l’ampleur sans jamais tomber dans l’emphase.

https://www.cheapsatanism.com/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Kowari - Trail

    Kowari est le projet du violoniste Damien Chierici (Dan San, Yew) et du pianiste Louan Kempenaers (Piano Club, Aucklane) et propose un mélange de cordes et d’électronique. Oui, on a déjà entendu ça récemment chez d’autres duos comme Abraham Fogg ou MadSci. Mais le résultat est sensiblement différent ici et c’est une bonne chose, les comparaisons frontales ne sont jamais plaisantes.
    Tout d’abord, la force du duo belge est indéniablement mélodique. Quand ils ajoutent une trompette sur Daylight, on songe (...)

  • Baby Fire – Grace

    Les souvenirs ont parfois beau être anciens, ils peuvent être tenaces. Ce dont on se souvient de cet album de Baby Fire datant de 2011 (deux sont sortis depuis mais ont échappé à notre attention), c’est qu’il était plutôt abrasif. Onze ans plus tard, la situation a bien changé. Dans le casting tout d’abord puisque le duo est maintenant un trio formé de Ceìcile Gonay, Lucile Beauvais et Dominique Van Cappellen-Waldock.
    On avait déjà croisé cette dernière en tant que chanteuse de Keiki mais on a pu aussi (...)

  • Glass Museum – Reflet

    Il est étonnant de constater à quel point un concept simple sur le papier (un piano et une batterie) peut se décliner. Le troisième album (si on inclut Deux) du duo belge Glass Museum montre qu’il est même possible de faire évoluer la formule. Leur style était déjà bien affirmé et on connaissait leur versant plus percussif, surtout si on considère le piano comme un instrument à cordes frappées. Ils avaient ensuite injecté un peu d’électronique au mélange pour un résultat toujours musclé. Les envies du (...)

  • Unik Ubik – I’m Not Feng-shui

    Quand on avait entendu Maggie Débloque, on n’avait pas tout de suite succombé. Peut-être que l’idée de s’en prendre (justement) à une ministre démise depuis des lustres ne semble pas l’idée de l’année. Surtout parce que la musique à haute dose d’énergie et de complexité attend son moment. Il est arrivé plus tard, et il est arrivé, et l’album passe d’un coup d’un seul. Parce qu’une fois que l’envie est là, on apprécie cette étreinte qui jamais ne se desserre.
    Le chant décalé et choral est dans les canons (...)