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Kitch – New Strife Lands

vendredi 3 juin 2022, par Marc


Kitch n’est pas kitsch. Une lettre qui change beaucoup parce que le dégoulinant n’est vraiment pas à l’ordre du jour chez le quatuor de Villeurbane. Ils privilégient en tous cas les morceaux courts. Ce qui rend le tout à la fois assez digeste mais aussi déroutant parce que les styles s’enchainent sans pitié.

Etambot pourrait être un morceau des Liars, un peu mystérieux. La formation peut servir de point de référence pour sa versatilité. On retrouve cette tendance sur des morceaux comme Charismatik qui peut aussi évoquer un Xiu Xiu ne faisant pas si peur. Mais on s’aventure plus rarement dans des territoires électroniques ici, avec notamment sur Anytime des sons de synthés inattendus et des voix qui confèrent un côté un peu psychédélique avant quelques surprises et des lignes claires de guitare.

On apprécie vraiment leur clin d’oeil à un rock alternatif américain des nineties, basse en avant (Trippy) et un résultat qui claque. Comme si les Arctic Monkeys avaient été formés 10 ans avant (Cracky) ou comme si les Red Hot Chili Peppers faisaient encore de bonnes choses (Absent Again), quitte à être franchement rentre-dedans (Mac II). Mais l’album prend encore la tangente avec un enchainement de morceaux d’une veine radicalement différente vu qu’on rencontre un folk plus désolé avec voix rocailleuse (Could Be), du piano contemporain enlevé (Syzygie) et une pop indé délicate et forte (The Only One Solution).

Si l’éclectisme est une valeur pour vous, voici une formation à suivre. Ils arrivent en effet à mélanger dans leur creuset plusieurs envies pour un album qui jamais ne perd le fil.

Article Ecrit par Marc

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