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The Robocop Kraus : They Think They Are The Robocop Kraus

lundi 21 août 2006, par Marc


Et si un groupe allemand venait battre les anglo-saxons sur le terrain du post-punk discoïde ? Cette hypothèse est tout à fait envisageable à l’écoute de ce troisième album des teutons.

Ouvrons cependant une petite parenthèse sur cette vague de revival musical qui est peut-être passagère mais qui constitue une tendance lourde. C’est qu’il est fastidieux d’assister impuissant à la coupe du monde des groupes de bal années ’80. Parler d’Interpol, The Departure, The Bravery, The Rakes, Editors et maintenant Robocop Kraus a quelque chose de répétitif.

En effet, si les références sont les mêmes et toutes plus recommandables les unes que les autres (Gang of four, Joy Division, Wire, Echo and the Bunnymen et Talking heads pour les plus évidentes et moins obscures) et que le imitateurs du XXIème siècle sont toujours meilleurs que la plupart des contemporains des intouchables susmentionnés, quel est l’intérêt d’une telle pléthore en 2005 ? Car si certains semblent sincèrement animés d’un souffle presque épique ou créent des titres dansants presque irrésistibles, seule une méconnaissance des classiques d’il y a 20-25 ans peut rendre ces groupes originaux. Le poncif veut que l’art soit difficile et la critique facile. Parfois, on a quand même l’impression du contraire.

Bon, ceci dit, il est temps de refermer la parenthèse essayons de définir les spécificités de Robocop Kraus. On retrouve donc parmi les ingrédients eighties (ça vous l’aviez compris) une voix typique, des inflexions à la David Byrne et la joie simple des groupes qui découvrent à quel point le clavier peut agrémenter un morceau de rock (You don’t need a doctor). A cet égard, le premier In fact, you’re just a fiction frappe d’emblée, avec un équilibre guitare/clavier aigrelet qui produit l’effet voulu : faire bouger les gens. Le gimmick au clavier minimaliste sur After laughter comes tears rappelle les phases tatônantes de certains Wire de leur période de mutation. Les choeurs sont par contre pas terribles, et le refrain unanimiste nous ramène (encore) plus de 20 ans en arrière.

Une caractéristique est le ton un rien désabusé pour des morceaux aussi enjoués (Life Amazes Us Despite Our Terrible Future, After Laugter Come Tears...)

Au final, les réussites les plus manifestes restent le premier morceau, Life Amazes Us Despite Our Terrible Future qui maintient son intensité avec l’aide d’un mélodica, et on songe aux moments apaisés des Stranglers, autres icônes post-punks exhumées) sans vouloir être à tout prix une tuerie de dancefloor ou encore le final de There are no better lignts in Hollywood. Quoi qu’il en soit, il contient suffisamment de bons moments pour fournir à cet album des arguments pour surnager dans l’océan de clones étiquetés eighties. Dans deux ans, on sera surpris du côté extrême du revival sans doute. Mais on se souviendra de s’être bien marrés là-dessus et n’est-ce pas finalement le principal ? A vous de voir. (M.)

Article écrit par Marc

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