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Pomme – Consolation

lundi 19 septembre 2022, par Marc


On sait qu’il peut être hasardeux de tenter de tirer trop d’informations d’une pochette mais le troisième album de Pomme tranche, avec une pose proche d’une installation qu’on devine plus proche d’une Roisin Murphy que de ses coreligionnaires de la chanson française. Il faut dire qu’après un premier album passé inaperçu et un peu renié, Les Failles l’ont placé dans le peloton de tête. Et puis il y a eu les victoires de la musique, un duo convaincant avec Aurora et ses duos avec Safia Nolin (sa femme depuis) et un troisième album qui devait entériner tout ça.

On l’a déjà dit, ce qu’on publie n’est qu’une petite partie de ce qu’on écoute. Les Failles fait partie de ces albums qui prennent leur temps, attendent leur heure. D’ailleurs, privilégiez la version augmentée Les Failles Cachées. Une fois entré dedans, plus moyen d’en sortir, et ça raccourcit notablement le round d’observation de cette Consolation.

Ce n’est plus l’impeccable Albin de la Simone qui est aux manettes mais Flavien Berger. Mais si la coloration est légèrement différente, moins organique peut-être, elle reste cohérente avec son univers. On notera qu’elle officie toute seule sur trois morceaux et que ce sont ceux qui sortent du plan de base de l’album. When I C U qui prouve à la fois qu’elle peut s’en sortir la tête haute en anglais tout en montrant qu’elle perd un peu en singularité hors de sa langue. Les deux autres incartades sont un inintelligible morceau sur son chien (pas passionnant Puppy) ou un bel hommage à Barbara (B.) avec la voix gorgée d’effets.

Mais ce n’est pas un album qui compte parce qu’on apprécie la démarche mais bien parce qu’il y a des morceaux magnifiques. On le sent dès les cordes du Jardin, dans les mélodies parfaites de Dans Mes Rêves ou La Rivière ou Allô ou Nelly. Il y a toujours autant de place pour la voix et c’est un bon et logique choix.

Du côté des thèmes, elle semble apaisée mais ce n’est pas non plus un album de bonheur béat. La consolation peut venir d’un retour à la nature, à l’enfance (Dans Mes Rêves), de la présence de personnalités féminines fortes (Nelly, B.). Evidemment Tombeau ne peut pas être amusant mais la beauté prime la tristesse, ce qui est un message en soi. Elle avait déjà trouvé la façon d’être émouvante sans pathos et son don est intact.

Non, Consolation n’est pas un album qui saute à la gorge. S’il est immédiatement beau, seule une écoute plus attentive permet d’en tirer tout le suc. Cette intimité ne peut pas être flashy de toute façon mais une fois happés, on n’y échappe plus. Moins viscéral sans doute que son prédécesseur, il confirme néanmoins Pomme comme une des artistes francophones majeures.

Article Ecrit par Marc

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