Accueil > Critiques > 2022

Tachycardie – Nouvelles et Anciennes Pratiques de Cartographie Amateure

vendredi 21 octobre 2022, par marc


En photographie, la macro est un peu à part et permet souvent de déterminer des structures abstraites à partir de choses bien réelles, simplement par la magie du changement d’échelle. Si certains artistes ont appliqué ce principe à la musique via le microsampling (The Field notamment), d’autres utilisent le field recording, touchant à ce qu’on appelle la musique concrète. C’est cette dernière voie qui est explorée ici par le batteur et percussionniste Jean-Baptiste Geoffroy (aussi membre de formations au chouettes noms comme Pneu ou Papaye). Précisons aussi que c’est une sortie du label Kythibong qui nous a habitué à des sorties hardies et de bon aloi (Spelterini dans un passé récent).

Le résultat mêlant bruits divers et variés à des structures électroniques jamais trop appuyées est en tous cas vraiment aventureux et réussi. On admire ces ambiances moites, comme une session minimale de Richie Hawtin mais sans les basses. Il est étrange de constater que c’est la musique expérimentale qui est un refuge au reste et pas l’inverse. Et ici, on s’enfonce bien loin dans l’aventure, dans le son en tant que matière et objet. Il faut évidemment une dose d’abandon mais qu’on se rassure, les nerfs ne sont jamais mis à l’épreuve, c’est une précision de taille.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Tinlicker – Cold Enough For snow

    Chacun va mettre sa ligne rouge sur cet album du duo de producteurs bataves Micha Heyboer and Jordi van Achthoven. C’est forcé tant cet album oscille entre trop et beaucoup trop, délicatesse et évanescence. Mais il est aussi impossible de ne pas trouver son compte non plus. Ce continuum qui va de la pop dansante et cotonneuse à du matos pour une rave à 4 heures du matin est en tout cas assez (...)

  • Jonas Albrecht - Schrei Mich Nicht So An Ich Bin In Trance Baby

    Si ce n’est pas trop visible pour le lecteur, certains distributeurs participent beaucoup à la ligne éditoriale. Parmi eux, Five Roses tient la pole position. Si l’éclectisme est remarquable, une des constantes est la présence d’artistes qui manipulent la percussion comme matière première. Dans un passé récent, on a eu le dernier Peter Kernel, la claque de Parquet et tous les projets d’Anthony Laguerre (...)

  • Parquet – Sparkles & Mud

    Alors que la technologie tente depuis très longtemps d’avoir des équivalents numériques à tous les instruments qui existent, la démarche de certaines formations va dans le sens opposé. Certes, c’est parfois anecdotique quand certains se présentent comme fanfare techno (Meute) mais dans le cas qui nous occupe, la force de frappe est indéniable.
    Parquet a été fondé en 2014 par Sébastien Brun qui a déjà (...)

  • Odyssée - Arid Fields

    La nature est un décor, certes, mais pour beaucoup de musiciens, c’est un contexte, voire une inspiration. On se souvient par exemple des expériences Echolocation d’Andrew Bird ou des prestations au grand air de Kwoon, la liste étant loin d’être exhaustive. Odyssée est Edouard Lebrun et, installé dans un chalet des Alpes depuis 2020, il a développé un système de synthétiseur auto-alimenté qui lui (...)