Accueil > Musique > 2005 > Super Furry Animals : Love Kraft

Super Furry Animals : Love Kraft

mercredi 23 août 2006, par Marc


Il est des albums plus difficiles à critiquer que d’autres. Ca a été dit sur ce site même et présente l’effarante platitude du lieu commun. Mais a-t-on suggéré que certains sont véritablement difficiles à écouter ? Non que leur propos semble hermétique (parfois, si, voir Black Dice), mais au contraire, leur structure même semble être un défi permanent à l’attention. C’est dans cette (rare fort heureusement) catégorie que je rangerais le dernier album des Super Fury Animals. Des mois que cet album traîne chez moi, à la lisière de mes oreilles. Un titre, choisi au hasard, puis un autre, rien n’y fait. La parade a été trouvée en écoutant tout d’une traite en... faisant autre chose.

Alors bon, voilà, maintenant que l’écoute a décanté, que peut-on en retirer ? Peu de choses finalement. Sachez tout d’abord qu’il s’agit de pop psychédélique. Mais rangée des bagnoles au point d’en perdre toute subversion. Pour vous montrer que j’ai porté une oreille plus que distraite et cacher mon manque d’intérêt évident dans cette musique, je vais citer les groupes auxquels elle m’aura fait penser. Ca occupera le temps jusqu’à la signature finale et montrera que je connais plein des groupes, même que c’est vrai. Allons-y donc gaiement.

Une des références les plus proches se trouve être les Gallois cinglés (non, pas Goldie lookin’ chain) de Gorki zygotics mynci (The Horn). Mais en moins fou. Dans la série ’progressif pour les gentils’ , citons les Jethro Tull du début (Ohio heat), le Mercury Rev des mauvais jours (Walk you home), le Can privé de drogues (Lazer Beam), le Essex Green sous mixé. On se surprend souvent à revenir au morceau précédent, histoire de bien vérifier que c’est bien le même. a ben non, c’est vraiment un autre.
Parfois on se dandinerait presque (Oi Frango) et c’est presque agréable d’être presque surpris.

Bon, la critique prend une longueur inespérée. Une question qui me taraude est de savoir quelle musique je réécouterai plus tard une fois la critique écrite. Pas celle-là. Déjà. C’est un élément de réponse. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • Super Fury Animals : Love Kraft 20 septembre 2006 10:54, par Paulo

    wouawww, tapez "super fury animals" dans google et mescritiques.be apparait en 3ème postion !!!!! ca c’est la reconnaissance internationale !!! et surtout parce que l’orthographe correct de ces animaux plus poilus que furieux est "super furry animals". Ou est-ce une astuce marketing ? ca c’est fort !

    repondre message

  • Equipe de Foot - Géranium

    Quinze ans après Myspace, la tradition du nom de groupe étrange survit. Mais ce n’est pas le seul anachronisme ici. Le style pratiqué nous renvoie en effet plein d’années en arrière, au temps des nineties. Mais si beaucoup des formations qui font revivre ce temps-là penchent du côté alternatif de la force (The Poison Arrows, Beingmoved, Daydream Three), le duo bordelais privilégie une musique plus pop avec de grosses guitares.
    Et à titre personnel, c’est là que ça coince parce que ce n’est pas ce que (...)

  • Kitch – New Strife Lands

    Kitch n’est pas kitsch. Une lettre qui change beaucoup parce que le dégoulinant n’est vraiment pas à l’ordre du jour chez le quatuor de Villeurbane. Ils privilégient en tous cas les morceaux courts. Ce qui rend le tout à la fois assez digeste mais aussi déroutant parce que les styles s’enchainent sans pitié.
    Etambot pourrait être un morceau des Liars, un peu mystérieux. La formation peut servir de point de référence pour sa versatilité. On retrouve cette tendance sur des morceaux comme Charismatik qui (...)

  • Chev Chevin - Nectar

    Avec en accroche un phrasé à la lisière du hip-hop avec des nappes de synthés presque James Bond, on sent qu’on va explorer des limites (les nôtres) sur le premier album du duo (Max Kraft et Jonas Eckhardt) allemand Chev Chevin . Mais on s’embarque en fait pour un trip musical pour le moins varié.
    Les envolées et les voix sur Over Soon font plutôt penser à Bon Iver, avec une solidité plus marquée. Cette veine-là nous vaut de bons moments quand Nausea s’envole et bien franchement, on tient le haut du (...)

  • Rodrigo Leão - A Estranha Beleza da Vida

    Quand on découvre un artiste, on tente de se raccrocher à du connu. Rodrigo Leão a été membre de Madredeus, une des rares formations lusitaniennes dont le nom a eu un retentissement international. En se renseignant un peu, on note aussi des collaborations avec Beth Gibbons, Neil Hannon, Tindersticks, Ruichi Sakamoto ou Ludovico Einaudi. Un CV en béton armé donc.
    Il confirme d’emblée ces belles dispositions avec le simple et beau Friend of a Friend chanté par Michelle Gurevitch. Forcément quand ça (...)

  • Piles - Una Volta

    Il y a des noms qui n’évoquent guère avant qu’on ne les croise dans des projets emballants à très courts intervalles. Ce projet à trois batteurs, Guigou Chevenier, Michel Deltruc et Anthony Laguerre se place en effet dans le sillage du Club Cactus dont on vous a parlé récemment. D’autant plus que le dernier nommé est membre des deux formations et de Filiamotsa. Mais à l’inverse des deux autres groupes, il n’y a pas d’invités vocaux au programme. Il y a bien quelques extraits sonores sur Materials in Us (...)

  • The Defigureheads - Chaos and Cosmos

    Si les noms de groupe issus de chansons célèbres sont légion (de dEUS à Radiohead en passant par Sisters of Mercy), je ne parierais pas que The Defigureheads fasse référence au légendaire album de The Cure. Parce que le genre pratiqué est un rock très teinté par les années ’70. Donc ce n’est l’originalité qui prime mais la compétence et la passion. Et sur ces deux fronts, le trio français répond à l’attente.
    Dans le genre, on s’est habitués au versant psychédélique et stoner du genre et ce n’est pas (...)

  • Björk - Biophilia

    J’aime, j’aime la vie
    Dans la musique de Björk, il a toujours été question de recherche : la quête d’un équilibre parfait entre sa soif d’explorations sonores et son profond enracinement pop. Comme les deux facettes d’une personnalité schizophrène, tantôt la chanteuse a-t-elle gardé les pieds sur terre, tantôt s’est-elle laissé dominer par ses délires visionnaires. Et si sa discographie, toujours exigeante, est à peu près exempte de reproches, l’équilibre a rarement été atteint. “Debut” et “Post” : trop (...)

  • Blanck Mass - Blanck Mass

    Dans « abscons », il y a « abs »
    Soyons fou et allons loin dans l’intime. Juste entre nous, j’ai un aveu à vous faire, un gros défaut à confesser : j’ai horreur d’attendre. Faire la file, tout ça... pouah ! Très peu pour moi : c’en est maladif. Vous allez me dire que dans le domaine de la production musicale, il faut justement savoir se montrer patient : sentir poindre l’excitation en attendant la sortie d’un nouveau disque, laisser à un artiste le temps de mûrir, donner la chance à un album de nous (...)