mercredi 11 octobre 2023, par

Si le titre du premier morceau et premier single de ce groupe maltais évoque Eric Rohmer, ce n’est pas dans un délire verbeux qu’elles nous emmènent sur leur premier album. La guitare presque orientale, et les cuivres confèrent un côté d’emblée très spectaculaire.
Il y bien un peu d’écho dans la voix pour un petit air eighties mais ce n’est pas leur fonds de commerce. Si la voix peut évoquer étrangement Gwen Stefani (surtout quand elle ne pousse pas comme sur The Merchant Of ou Wild West), les évocations sont soit plus cold (Zola Jesus, ce genre) ou plus baroques (Anna Calvi). Cette dernière est une bonne référence d’ailleurs, pour cette tension qui s’installe et reste.
Mais vers son milieu, l’album se fait moins nerveux, plus vénéneux, à renfort de voix déclamées et de saxophone (Calypso) ou de guitares denses (Heloise). Vous aurez déduit que l’amplitude est assez importante et si le style se révèle plus fascinant que les morceaux eux-mêmes, il se dégage une intensité telle qu’on tient une formation à suivre.
Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
Désolé d’avance pour la longue mise en place, mais cet album, ou ce (…)
Le plaisir musical vient aussi de l’inattendu, de variations qui semblent infinies à partir de choses connues. C’est un peu ça qui nous a plu chez le Suisse Thomas Schmidiger. Sa voix assez assez expressive, plus proche des standards soul à la Benjamin Clementine que des organes typiques du landerneau indé alors que musicalement on est sur quelque chose de plus oblique et atmosphérique.
Il a (…)
Quelques semaines après la sortie de cet album, vous en connaissez sans doute la genèse mais pour la traçabilité, rappelons qu’un soir de 2023, en concert à Atlanta, la voix de Patrick Watson l’a complétement lâché. Et pas qu’un peu, il s’est retrouvé muet du jour au lendemain avec peu d’espoir de guérison. L’idée d’un album chanté par des artistes féminines a alors germé et une fois sa voix (…)
Le nom de ce groupe polonais signifie ‘Embrasse-moi’ en esperanto et on peut dire que ce caractère direct se retrouve un peu sur cet album. Il montre en tous cas une belle agilité pour mêler des aspirations un peu froides à des envies plus brouillardeuses. Ce ne sont certes pas les premiers à tenter et réussir le crossover (on pense à The Day) mais ils apportent leur propre touche, à la fois (…)