Accueil > Critiques > 2023

Sébastien Guérive - Obscure Clarity

mercredi 29 novembre 2023, par marc


On avait déjà croisé le chemin de Sébastien Guérive, apprécié cette sculpture sur son qui dégage une majesté certaine mais sans grandiloquence. Cet album ne fait que confirmer et appuyer cette impression.

C’est le mélange d’organique et d’électronique qui est la plus grande réussite, ce qui permet à la fois de ménager l’émotion et de garantir une pulsation basse, cardiaque qui n’est pas un ajout de beats a posteriori. Ce n’est pas une épice forte ajoutée en fin de cuisson, c’est un ingrédient à part entière. Pour rester dans des exemples d’artistes cités en nos colonnes, on le situera dans la lignée d’un Madsci, Kowari ou d’Abraham Fogg. Mais comme la ligne directrice est plus électronique, on pense surtout à la densité du premier Trentemøller.

Cette musique électronique mais avec une sensibilité organique permet une exultation qui nait des entrelacs d’On The Inside. La ligne mélodique simple est un canevas sur lequel toute la luxuriance est bâtie. Ces paysages sonores peuvent être très contemplatifs (Deva), comme pour mieux apprécier la vue. On aime aussi quand on sent que l’intensité guette au coin de Daydream. Cette injonction au voyage effectif ou immobile est en tous cas à suivre, sans hésitation aucune.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • Sébastien Guérive - Obscure Clarity 2 décembre 2023 07:28, par Laurent

    Merci, c’est exactement ce pour quoi j’étais d’humeur hier et ce matin. Il y a un côté B.O. de "Tron" et "Blade Runner" dans les morceaux les plus enlevés et j’avoue que ce sont que j’ai préférés. Mais la délicatesse d’un Shanti fait également son petit effet. Là, j’entends parfaitement cette majesté sans grandiloquence dont tu parles à juste titre.

    repondre message

    • Sébastien Guérive - Obscure Clarity 4 décembre 2023 07:42, par marc

      Oui c’est chouette ces BO sans images, c’est un des meilleurs dans le genre parce que pas saturé en violons synthétiques. C’est sans doute de la bonne musique de transport aussi.

      repondre message

  • Franck Marchal - Maelström Metronomy

    Si les références historiques de la musique synthétique de Franck Marchal sont à aller chercher du côté de John Carpenter, on signale aussi les relectures modernes et enthousiasmantes de Magnetic Rust ou Odyssée.
    Les cordes ne sont pas l’ingrédient privilégie ici, mais le résultat n’est pas sans rappeler des choses comme Ô Lake. Son expérience en tant qu’auteur de musique de film n’est sans doute pas (...)

  • Ultra Sunn - US

    Suivre des artistes, découvrir de prometteurs EP et puis écouter leur premier album qui confirme tout le potentiel soupçonné, c’est vraiment un des plaisirs de cet étrange hobby. Et dans les EP qui nous avaient vraiment plu (et pas qu’à nous si on en juge par l’ampleur de leur tournée), le duo bruxellois se plaçait assez haut. Gaelle Souflet et Sam Huge nous reviennent donc US qu’ils ont écrit, (...)

  • Danube - Cities

    Plusieurs morceaux étaient disponibles et ont attisé l’attente qui n’a pas été déçue par ce premier album de Danube dont les noms de morceaux sont des capitales européennes. Oui, un peu comme dans La Casa de Papel. Ce qui n’est pas clair par contre c’est qui se cache derrière ce projet. C’est secondaire évidemment, la musique primant tout.
    Quoi de plus compliqué à définir qu’un son ? C’est un challenge (...)

  • Dark Minimal Project – Remixes

    On vous avait déjà dit tout le bien qu’on pensait du second album de Dark Minimal Project, Ghost of Modern Times. On avait décelé un cousinage certain avec Depeche Mode et c’était loin de nous déplaire. Et la ressemblance se prolonge avec ces remixes, le groupe anglais étant très friand de l’exercice. Sur la pochette, les deux protagonistes Guillaume VDR et Ange Vesper semblent avoir pris cher mais (...)

  • Akira Kosemura - Rudy (Original Music)

    Il est toujours difficile exercice de commenter des musiques de film sans voir le film ou la série dont il est question. Pourtant, le compositeur japonais Akira Kosemura a toujours su nous proposer des albums qui tenaient tout seuls sans le support visuel. Et c’est une gageure parce que la base de sa musique est le piano solo.
    Mais ce qui se confirme au long de ces 31 courtes pièces, c’est le (...)

  • Bravery In Battles - The House We Live In

    Même si c’est contre-intuitif parce que le post-rock est essentiellement instrumental, le style a souvent été engagé. Entre les revendications de Godpeed You ! Black Emperor et la protection de la Grande Barrière de Corail de Selfless Orchestra, les exemples abondent. Le collectif parisien Bravery in Battles est présent sur le combat environnemental comme en témoigne la copieuse musique du film The (...)

  • Vimala Pons - Eusapia Klane

    Il est toujours étrange de se frotter à une musique qui se présente comme une simple composante d’un projet. Dans le cas qui nous occupe, ceci est un livre audio qui se veut le prequel d’un spectacle actuellement en tournée. Si le recul et la connaissance de la pièce nous manque, l’objet peut s’appréhender seul, rassurez-vous. Parce que l’histoire est indépendante notamment.
    Non, ce n’est pas qu’une (...)

  • Abraham Fogg - Blåkulla

    On termine souvent la critique d’un EP en souhaitant en entendre plus. Vu que les deux morceaux qu’on connaissait d’Abraham Fogg étaient vraiment enthousiasmants, il va de soi qu’on s’est jeté sur ce premier album avec convoitise. On retrouve ces deux morceaux ici, gage de continuité et de revenez-y.
    Il est à noter que dans les éléments fournis avec l’album ce sont surtout les prix pour les (...)