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Eilis Frawley - Fall Forward

lundi 24 mars 2025


Certains albums résistent. Non pas à l’écoute, celui-ci nous accompagne depuis trois mois. Mais à l’analyse. Leur fluidité n’aide pas le critique. Mais sera appréciée par l’auditeur, on vous le garantit. Eilis Frawley est une batteuse à la base, notamment au sein de Kara Delik dont on vous reparle prochainement. C’est manifeste au détour de morceaux comme People qui s’articule autour de cette frappe plus complexe qu’il n’y parait. Et puis on décèle l’ambition de dévier vers un krautrock soyeux (Hallucinations) ou quelque chose de plus fiévreux (Something To Do). Ou pousser la fluidité à son maximum sur Hallucinations.

Australienne installée à Berlin et nous livre donc un étrange objet musical. Etrange mais pas si déroutant que ça. Tout au plus hésite-on au moment de définir le genre. Hip-hop ? Pas vraiment. Son flow est plus une déclamation qu’autre chose. On a aussi un peu pensé à Kate Nash dont elle a hérité d’une certaine gouaille, certes plus feutrée et délicate.

Lady reprend les injonctions faites aux femmes. Et c’est à la fois banal et glaçant et dégage une intelligence narquoise et sincère qui ne se démentira pas au cours de cet album. Be a lady/Wear a dress/Love a man comme mantra qui dégage son absurdité. Elle a d’ailleurs un vrai don pour faire un slogan de choses improbables comme Make a hobby/Not a habit ou Making an ennemy is a cheap way to make a friend ou encore Life Deals Dirty Tricks. Il y a donc beaucoup à aimer sur cet album qui s’est incrusté dans nos vies récentes.


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