lundi 22 septembre 2025, par

L’efficience est la capacité à obtenir un résultat optimal avec le moins de ressources possible. Si ce n’est pas un concept fort usité en musique, parce qu’il n’y est pas très pertinent, on peut déjà dire que Kety Frusco n’est pas une artiste efficiente. Sans que ça n’en diminue les mérites.
Aussi étrange que ça puisse paraître, ce n’est pas du tout la première fois qu’on vous parle de harpe. Outre la mystérieuse Joanna Newsom, il y a aussi eu Serafina Steer ou Laura Perrudin pour des résultats aussi différents qu’enthousiasmants. Mais ce qui caractérise cet album de la Suissesse, c’est que tous les sons entendus sur cet album proviennent de son instrument. Parfois avec beaucoup d’imagination puisque certains sons ont été enregistrés sous l’eau. C’est bluffant sur le procédé mais on peut aussi décemment considérer qu’utiliser des sons électroniques directement n’aurait pas grévé le résultat. Pas efficient donc.
La bonne nouvelle, c’est que si toute la cuisine ne se retrouve pas dans l’assiette, ce n’est jamais ampoulé non plus. Et c’est ce qui rend cet album sympathique à défaut d’être renversant. Il est réussi, à n’en pas douter, avec une science des couches, patente sur l’orientalisant Karma. Il faut dire aussi qu’elle a un vrai sens de la mélodie manifeste sur Resistance, pour un résultat qui ne laisse pas deviner le caractère expérimental des conditions d’enregistrement.
Et puis il y a quelques citations aussi. Blow renvoyant inévitablement à Tubular Bells. Penser qu’on va réinventer Für Elise est quand même culotté. Le résultat est amusant cela dit, même si l’humour ne semble pas être au centre du concept. Et oui, on entend Iggy Pop mais il ne chante pas, il mâche un texte avec un timbre qui est devenu iconique avec l’âge. Notons qu’il fait la même chose chez Anna von Hausswolff, ce qui constitue une occupation qu’on devine agréable pour ses vieux jours tout en le connectant avec la scène contemporaine.
Si on n’est pas au courant de l’arsenal déployé et des intentions, il reste un album électronique de belle facture. Le trajet a quand même l’air éprouvant pour le paysage à contempler mais le résultat est d’une légèreté et d’une accessibilité bienvenues.
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