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Patrick Watson - Uh, Oh

vendredi 17 octobre 2025


Quelques semaines après la sortie de cet album, vous en connaissez sans doute la genèse mais pour la traçabilité, rappelons qu’un soir de 2023, en concert à Atlanta, la voix de Patrick Watson l’a complétement là¢ché. Et pas qu’un peu, il s’est retrouvé muet du jour au lendemain avec peu d’espoir de guérison. L’idée d’un album chanté par des artistes féminines a alors germé et une fois sa voix retrouvée, s’est transformé en album de duos, celui dont il est question.

En fait, il s’agit assez souvent d’harmonies vocales plus que pour de duos où chacun chante à son tour. Il faut dire que sa voix s’accorde particulièrement bien avec celles de ses comparses. Uh, Oh est filandreux, évanescent, semble s’échapper entre nos doigts comme du sable, nous rappelant le plaisir mélancolique de la plage. Il faut donc renouer avec lui, reprendre ses marques, accepter que la musique se dérobe sous nos pieds. Une fois ce léger ’là¢cher-prise’ établi, on peut s’immerger dans un album-cocon assez délectable

Dans les moments moins attendus, la coolitude du très beau Silencio est proche des moments détendus d’Andrew Bird, ou comment cacher la virtuosité derrière une impression de facilité. Peter and the Wolf est plus distendu, plus expérimental presque. Il peut partir ainsi sur Ami Imaginaire dans un mode électronique cotonneux qu’on aurait rencontré plus facilement chez Thom Yorke.

Etrangement parce que ce n’est pas son coeur de cible, Patrick Watson est l’auteur de la première chanson francophone à dépasser le milliard d’écoutes sur Spotify (avec Je te laisserai des mots). On entend donc des chanteuses francophones comme Klô Pelgag (sur Ami Imaginaire). Et c’est Solann qui mène les débats sur le final à‡a Va. Après un album qui comptait quelques belles fulgurances, voici peut-être ce qui peut l’envoyer dans la division du dessus. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Si elle ne semble pas la candidate la plus naturelle pour le style pratiqué ici et si on n’est pas des inconditionnel, Martha Wainwright apporte une belle touche à House on Fire et son nuage de cordes. Charlotte Cardin n’est pas dans son registre habituel, est plus hantée et c’est vraiment beau aussi. La formule du duo est une belle idée parce que nouveau matériel garde toute la saveur de ce qu’on aime chez lui tout en ouvrant les portes à d’autres talents. Une belle réussite donc, une de plus.


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