vendredi 14 novembre 2025

Anthony Laguerre est un personnage récurrent de ce site, il est intervenu dans presque toutes les saisons. Si on avoue avoir passé un peu l’épisode IKI en accéléré, on l’a apprécié autant chez Filiamotsa que L&S, chez Piles comme Club Cactus, tout seul ou avec Jérôme Noetinger. Ici, il est ici flanqué des deux violonistes Bastien Pelenc et Mathieu Werchowski pour un résultat décoiffant qui parait aussi sur Serotine Records et Mr Morezon.
Ces violons sont d’ailleurs plus proches de Klaas Janzoons de dEUS ou des sociétaires du label Constellation (Sophie Trudeau, Jessica Moss) que d’André Rieu si vous voulez mon avis autorisé. On est donc vraiment impressionnés par Demon Lover ou les entrelacs serrés et bourdonnants de Hyeronimus Dream. Et des guitares vrombissantes viennent supporter le tout. Sauf que non, ce sont aussi des violons, qui s’allient aussi pour faire monter Nihilist Folk. On dirait du Godspeed en plus abstrait, en plus compact parce qu’ils sont moins nombreux. A la lisière du post-rock mais avec une fièvre qu’on retrouve dans beaucoup de projets d’Anthony Laguerre.
Le dernier morceau dure tout de même 25 minutes, de quoi balayer un spectre plus large, de quoi se perdre et se retrouver aussi, le résultat étant forcément plus distendu, avec de longues périodes plus à¢pres, surtout agitées par la batterie qui secoue ces tissages de cordes. Et on termine forcément dans un maëlstrom de bon aloi. Si on applaudit l’ampleur, la compacité et la force des deux premiers morceaux est plus frappante. On sort un peu lessivés mais ravis de cet exercice revigorant et libre.
Il est étonnant qu’un style de musique à la fois ancien et de niche comme le krautrock a une vivacité et une variété bien actuelles. Une des incarnations les plus intéressantes était le projet d’Antoine Messager Pasqualini qui de trio redevient solo pour cet album.
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