vendredi 11 septembre 2026, par

Parfois (souvent même), une critique n’est qu’un prétexte pour encourager le lecteur à écouter une œuvre, celle d’un pianiste rennais. C’est manifeste dans le cas des albums de piano solo qui plaisent toujours mais sont compliqués à critiquer quand la formationet le vocabulaire manquent. Surtout que le point de départ de chaque morceau de cet album est un mot, d’une idée ou un univers et leur évocation, une manière de transcrire en musique des émotions et des images.
Vous pouvez me croire quand je vous dis que c’est vraiment beau, empreint de sentiments clairs mais pas trop appuyés. Une délicatesse qui ne confine jamais à la fragilité. C’est léger tout en étant fouillé et parfois certains morceaux (comme Vesper) peuvent se métamorphoser sans avoir l’air d’y toucher. Voilà, j’espère que le désarroi du critique n’a pas occulté le véritable plaisir de l’auditeur. A vous de jouer.
Si la découverte est un plaisir, on aime aussi avoir des références auxquelles se raccrocher. Sur le premier morceau du troisième EP de James Crowley, la voix fait penser à José Gonzalez qui aurait acheté une boite à rythme et l’effet est fort plaisant. La base est éminemment acoustique et folk mais le son est plus étendu que ça. Pas en visant une certaine luxuriance, plutôt en ajoutant une facilité pop qui rend le résultat pas trop lisse donc très agréable.
Cette bonne impression se maintient sur Imprint qui est plus évanescent mais toujours aussi fluide. Et il se permet plein de couches de voix sur I Wish I Could Just Do Something. On aurait pu passer à côté de cet EP attachant, et on aurait raté une dose de douceur de très bon aloi. Vous savez quoi faire, je vous connais.
(l’EP sort le 18 septembre)