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Placebo : Meds

vendredi 25 août 2006, par Marc


A côté des groupes nouveaux (enfin, sans expérience, ils n’apportent que rarement du neuf) figurent ceux qu’on connaît si bien, très bien, trop bien. Quand une discographie est connue, elle apporte un éclairage différent sur un album. Et si c’était un premier album, qu’en dirais-je ? Je ne le saurai jamais. Sinon que ça ressemble trop à du Placebo pour ne pas en être. En effet, dès le premier album, il y a tout de même une dizaine d’années (voilà une pensée qui vieillit), leur son était reconnaissable. Qu’en est-il ? C’est toujours du Placebo qui fait du Placebo. Ni moins (c’est déjà ça) ni plus (et ça c’est vraiment désolant).

Après le mitigé mais intrigant Sleeping with ghosts, on avait secrètement espéré une évolution. Est-ce que l’attente était trop forte ? Pourquoi a-t-on pu un jour penser que Placebo s’aventurerait en dehors de son pré carré comme le fit Radiohead pour devenir passionnant ? Sans doute sur foi d’une intensité vraiment supérieure qui fut la leur le temps d’un seul Without You I’m Nothing engageant de bout en bout. On leur prêtait trop. A l’époque, Bowie les supportait sur scène. Maintenant Brian Molko joue les ornements d’Indochine.

Anecdotique sans doute dans l’absolu mais nos préférences sont claires. Au rayon des copinages, est-ce VV des Kills sur Meds et Michael Stipes sur Broken promise ? A vérifier.

Placebo est un donc devenu un groupe mainstream. Le son indé actuel, ce n’est plus ça du tout. Est-ce donc le snobisme de brûler ce qu’on a aimé parce que c’est devenu connu ? C’est tout le contraire qui s’est passé. Leur musique s’est visiblement affadie un peu et nos envies d’intensité et d’émotion se sont tournées vers de nouveaux centres d’intérêt. Plus graves, nos envies de gigotements ont aussi trouvé de nouveaux maîtres. 36 degrees restera comme un must absolu de la bougeotte irrépressible. On a juste peur que la bande à Brian ne soit plus en mesure de nous en fournir d’autres. Si c’était le cas, nous les prendrions avec plaisir. Comme nous prenons avec plaisir un morceau témoin de ce qu’a été Placebo : Follow the Cops Back Home me plait vraiment par exemple. On pourrait aussi parler de la velléité d’intensité de In the Cold light of The Morning.

Il faut résister à la tentation de comparer titre par titre ce qu’on a déjà entendu dans ce qu’ils ont fait. Because I want you est une version molle de ce qu’on connait. Les morceaux lents sont même parfois carrément anecdotiques (Blind) même si la mélancolie leur sied toujours (Pierrot the clown). Cependant, c’est quand ils essaient de créer une ambiance différente que c’est le moins bon (space monkey). Quant au single annonciateur (A Song to Say Goodbye, à comparer au précédent The Bitter End autrement plus engageant), il était bien un avant-goût du sur-place du groupe.

En effet, juste avant de partir en année sabbatique, ils ont dû soigneusement ranger leurs instruments et processeurs d’effets parce que les sons sont identiquement les mêmes qu’avant. Mêmes les pochettes ont tendance à exploiter la même veine bizarro-androgyne datée que le best-of et le dernier album studio.

Un album au final pas bien fameux mais jamais désagréable. Bon, il fallait un album pour repartir en tournée triomphale et le voilà... (M.)

Article écrit par Marc

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