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The Isles : Perfumed Lands

jeudi 14 septembre 2006, par Marc

C’est du simili-smiths et c’est lavable en machine...


Dans lesclassements de la fin de l’année 2005 figurait une section "Meilleur Tribute-Band Des Smiths (prix Gene)". En entendant le second titre de ces Pays Parfumés (Our Kitchen Test) je pensais avoir sans conteste le lauréat de cette année. Mais les morceaux suivants m’ont plutôt fait changer d’avis, il s’agit plutôt de la réincarnation de Gene.

Bon, ouvrons une parenthèse pour ceux qui ont un peu perdu leurs repères années ’90. Gene était un groupe anglais qui, sur la foi d’un bon premier album (redécouvrez Olympian), sont passés pour des pilleurs de The Smiths. Si le style s’en approchait certainement, le chant moins affecté et le genre nettement plus pop et léger les différenciaient plutôt. Ils ont réagi en sortant un second album plutôt pompeux que j’apprécie pour des goûts coupables.

Retour en 2006. Contrairement à ce qu’on pourrait croire à entendre cet album et bien que signés sur un label de Manchester, The Isles proviennent de New-York. Malgré ce qui est affirmé en préambule, on ne pourra jamais confondre les géniaux Mancuniens et ceux-ci. Car le son se fait parfois plus électrique, la façon de jouer de tous les instruments est différente. Alors quoi, une hallucination ? Un désir de placer Morrissey comme référence la plus citée ? Non, du tout. Il y a dans la façon de poser les arpèges de guitare légère une influence plus qu’évidente. Mais est-ce agréable à écouter ? Oui, si les références citées vous plaisent, nul doute que ceci vous sera immédiatement familier. Rien de bouleversant non plus, la bande à Johnny Marr étant hors d’atteinte.

C’est paradoxalement en écoutant les groupes qu’ils ont inspirés qu’on se rend compte à quel point The Smiths est unique. Car c’est au niveau de l’émotion que l’indigence est la plus criante ici. La volonté est certes plus pop (le très gentil Summer Loans), mais il est difficile de mémoriser quoi que ce soit. Ils sont visiblement doués et leurs compositions sont bien troussées et interprétées mais l’anedcotique guette (Hide Your Work). On en ressort avec le souvenir d’une musique plaisante mais manquant de la plus élémentaire originalité pour surnager dans la mémoire et face à la pléthore d’albums plus ou moins nostalgiques qui éclosent comme des champignons après la pluie. Il manque aussi une certaine flamboyance. On sauvera pour la forme Our Kitchen Test qui est la forme la plus aboutie de ce qu’ils présentent sur ce premier album ou Eve Of The Battle qui sort un peu du lot pour son ton plus douceâtre et ses chouettes petits riffs.

Vous aurez remarqué que la musique légère reçoit souvent un accueil tiède dans ces pages. A vous de voir donc si vous allez pouvoir profiter des qualités intrinsèques de cet album qui, une fois identifiées les évidentes références mentionnées, ne m’est pas adressé.

On remonte le fil du temps. Exit les groupes cold inspirés du début des années ’80 (Interpol, The Departure, Editors), voici les groupes qui puisent leur inspiration au milieu de cette décennie en prenant appui sur une curiosité d’il y a dix ans (Gene). On a du mal à se défaire de cette vision passéiste de la musique mais certains groupes s’y jettent volontiers. Et The Isles ? Et bien, ces New-Yorkais vous offriront tout ce que vous serez en droit d’attendre de ce style : légèreté, limpidité des mélodies complexes appuyés par des guitares cristallines et une basse parfois plus discoïde. Mission accomplie. On peut prendre la machine à remonter le temps dans l’autre sens maintenant. (M.)

Article écrit par Marc

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