Accueil > Musique > 2006 > Cali : Le Bordel Magnifique

Cali : Le Bordel Magnifique

mardi 12 décembre 2006, par Marc

Bon mais inutile


Les producteurs de chanson française manquent décidément d’imagination. L’avènement du Dvd n’a rien arrangé. En effet, il est depuis longtemps un usage bien établi d’entrecouper les albums studios de captations en concert. Certes, de nos jours c’est le plus souvent le Dvd qui prévaut mais il semble qu’il faille absolument un concert pour entériner un succès. Ils y passent tous. Même le Cheap Show D’Anaïs a eu droit à son Dvd. Finalement, seuls des chanteurs comme Miossec ou Dominique A échappent au phénomène. Retirons aussi Jean-Louis Murat dont les live sont de véritables relectures (Murangostang).

Cali a une place à part dans la chanson française. Gros vendeur de disques mais avec une vraie crédibilité. Pouvant se permettre d’inviter un Miossec le temps d’une reprise de Je m’en vais, le Catalan n’a eu besoin que de deux albums pour imposer son style. Sa générosité et sa sincérité manifeste lui permettent à peu près tout. S’il n’a pas remodelé la face de la musique du XXIème siècle, il a su imposer un certain panache dans les orchestrations. Le standard reste en tous cas assez haut pour de la chanson française et il a su apporter des variations rigolotes à la sempiternelle chanson de rupture. Le grand jour, Elle m’a Dit, Je Te Souhaite A mon Pire Ennemi ou Je Ne Vivrai Pas Sans Toi ont en effet un petit quelque chose de profondément humain et l’auto-flagellation est compensée par un humour léger et sont posées sur des morceaux hauts en couleur. Ce concert veut témoigner de tout ça. Et il y arrive puisque tout est à la hauteur de ce qui figure sur L’Amour Parfait ou Menteur

Alors, à quoi sert ce live de Cali ? A pas grand’ chose à vrai dire. L’interprétation est à la hauteur, c’est du solide. Mais avec sept morceaux du second album et six du premier, aucun inédit ou version radicalement différente, il est seulement là pour rappeler de bons souvenirs à la nombreuse assistance de la tournée. Je n’ai jamais vu Cali en concert, donc certains passages, s’ils doivent être efficaces en direct, semblent incongrus hors contexte. Je pense à sa requête de se caresser (mutuellement quand même). Au casque en rue c’est étrange en tous cas. Plus sérieusement, c’est de la belle ouvrage, mais qui n’apporte absolument rien à la discographie de Cali.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Olivier Savaresse – l’Oiseau Bleu

    L’exotisme est une notion relative. Ce qui l’est pour nous ne l’est pas pour tous. Et puis après un moment, une destination exotique devient familière. Les références extérieures s’estompent donc avec ce quatrième album dont on vous parle. Exit donc les rapprochements avec Gainsbourg, les points de comparaison sont maintenant à aller chercher au sein de sa propre discographie. Parce qu’album après album, c’est un univers qu’Olivier Savaresse a développé.
    La sensation de voyage est toujours là et cette (...)

  • Marcia Higelin – Prince de Plomb (EP)

    La filiation en chanson française est un mal endémique presque équivalent à celui de la politique belge. Mais ce n’est pas le propos ici. Comme on est infichus de citer un titre de Jacques Higelin (son grand’ père), Arthur H. (son père) ou même Izia (sa tante ?), on est presque vierges à l’entame de ce premier EP de Marcia Higelin. Voyez ça comme un privilège de l’inculture.
    On est accueillis par un lit de cordes mais bien vite on se rend compte que c’est cette voix claire et forte qui est le point (...)

  • Edgär - Secret

    Quand les aspirations de deux membres d’un duo divergent, la séparation est souvent au bout. Mais ce n’est pas une fatalité, cette dualité peut aussi être une force. Dans le cas de Ronan et Antoine, cet entrechoquement est à la fois déroutant et stimulant. Tout comme l’emploi de l’anglais et du français au sein d’un même morceau. Même si musicalement, le ton ne change pas avec la langue, notre perception est différente. Appelez-ça un biais si vous voulez.
    On l’avoue, c’est voir ce lion et ce lapin danser (...)

  • Kloé Lang - Aimez-Moi

    Les albums d’hommage et de reprises ne sont pas rares, ceux qui reprennent deux artistes en parallèle le sont plus. La comédienne, réalisatrice et chanteuse franco-suisse Kloé Lang a ainsi jeté son dévolu sur Barbara et Janis Joplin sur ce qui semble être le volet discographique d’un spectacle qu’elle propose.
    On ne va évidemment commenter le fond des morceaux de Barbara, qui claquent toujours autant quel que soit l’interprète (s’il n’est pas Patrick Bruel ou Gérard Depardieu...). Et elle s’en sort (...)

  • Angrusori - Live at Tou

    Quelle est la chance d’un cocktail dont vous n’êtes pas fans des ingrédients vous plaise ? Elle n’est pas énorme peut-être mais elle n’est pas mince non plus, et c’est dans cet interstice que s’est glissé cet album d’Angrusori. Il se propose en effet de partir d’un corpus de musique traditionnelle rom slovaque revu par le filtre d’un ensemble contemporain norvégien.
    Si cette association semble étrange sur le papier, elle est d’une très grande cohérence dans les faits. Le chant est évidemment traditionnel (...)

  • Shearwater - Rook (mostly) solo in London, 2018

    On ne peut pas vraiment dire que Jonathan Meiburg soit quelqu’un de vénal. Il a même dû faire appel à l’équipe pour boucler la tournée des excellents Loma. Donc, s’il multiplie les sorties, ce n’est pas pour occuper le terrain. De plus, les bénéfices des ventes (en numérique et sur Bandcamp exclusivement) iront à l’International Rescue Committee qui soutient et défend les réfugiés partout dans le monde. A priori, cet enregistrement acoustique de l’album Rook (dix ans déjà pour cette merveille) par Jonathan (...)

  • The National - Boxer Live In Brussels

    Quand une critique tarde, ce n’est pas trop grave, l’album a une certaine durée de vie et la disparition presque complète de ce qu’on a appelé la blogosphère musicale rend encore moins impérieux le besoin de publier vite. Si on essaie de se conformer tant bien que mal au calendrier des sorties, on n’y colle pas au jour près. Par contre, une fois passé le lendemain d’un concert, on estime que c’est trop tard. C’est pour ça que vous n’avez pas eu droit au compte-rendu de la prestation de The National à (...)

  • Shearwater - The Sky Is A Blank Screen

    S’il est une chose qu’on ne pourra pas reprocher à Shearwater, c’est celle de ne pas occuper le terrain. Depuis leur album Jet Plane and Oxbow de l’an passé, on a en effet eu droit à deux sorties virtuelles d’anciens concerts et une reprise intégrale du Lodger de David Bowie. Et maintenant sort ce live qui témoigne de la pertinence de leurs prestations publiques. Espérons que cette politique soit payante et leur offre la visibilité qu’ils méritent.
    Shearwater en concert, on peut dire qu’on sait ce que (...)