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Klaxons : Myths Of The Near Future

mardi 13 février 2007, par Marc

Et si on appelait ça nu-rave, juste pour rire ?


Il y a dans le dernier film de Michel Gondry, The Science Of Sleep, une invention réjouissante, qui effectue des retours dans le temps d’une seconde. J’ai pensé à cette trouvaille quand on a commencé à entendre parler d’une ‘scène’ nu-rave. On en serait donc à du revival à aussi court terme ? En fait, ce terme est plutôt à prendre au second degré puisqu’il a été lancé comme une boutade par des groupes au nom aussi évocateur que Shit Disco, Does It Offend You, Yeah ? ou les Klaxons dont il est question ici.

Parler d’effet de surprise à propos des Klaxons serait exagéré. Avec un peu d’entraînement, on peut anticiper les soubresauts de la presse musicale anglaise. Quand le groupe en question a déjà lâché dans la nature quelques EP incendiaires, on se contente de voir venir. Rappelez-vous, Atlantis To Interzone se trouvait sur une de nos playlists (celle d’octobre). La question de savoir si tout ceci est fait pour durer sera reportée à plus tard. On va se contenter de consommer Klaxons comme il se doit, c’est-à-dire dans l’instant sans avoir à se préoccuper des dates de péremption.

A la lecture de la liste des titres, on sait déjà qu’on ne peut pas être déçu. Tous les titres qui nous ont déjà plu sont là, sauf peut-être le remuant Hall Of Records (qui était sur Magick). Question d’équilibre et de cohérence je suppose.

Ca part de façon plus subtile, un peu comme certains Bloc Party première mouture (Two Receivers). C’est une bonne surprise, même si la qualité n’est pas celle du groupe de Kele Okereke. Il manque en effet le petit supplément de fièvre qui ferait la différence. Mais c’est une bonne surprise de ne pas retrouver des versions light des tueries orientées dancefloor. Ils s’expriment de toute façon mieux dans leurs moments énervés qui sont leurs imparables singles. D’une manière générale, ce qui n’est pas transcendant est sauvé par le rythme et l’entrain (Totem On The Timeline, Forgotten Works sur lequel plane le spectre des Stone Roses, Golden Skans un peu en deçà du remix qu’en a fait Erol Alkan). Les morceaux de jointure sont satisfaisants donc, mais dans la centaine d’albums qu’on va écouter d’ici la fin de l’année, ils seront certainement skippés pour arriver tout de suite aux quelques perles. Dans le même ordre d’idées, j’avais mieux apprécié l’album de Love Is All, même s’il comportait moins de singles potentiels. Il y a cependant une nervosité qui personnellement m’avait un peu manqué chez Hot Chip.

Mais quand ils prennent de la hauteur et donnent toute l’énergie qui est en eux qu’on les apprécie le mieux. Magick a un synthé et une reprise vraiment irrésistible. C’est le point culminant de l’album. Ils adoucissent la descente en proposant Not Over Yet (reprise de Grace, scie dance estampillée années ‘90), qui est presque aussi percutant. Il se dégage de ces morceaux une rage presque punk, à des kilomètres des bonnes manières de leurs homologues new-yorkais, de  !!! à The Rapture. Tant qu’on est dans le name-dropping, la sirène sur Atlantis To Interzone réminiscences des premiers Chemical Brothers.

Les singles déjà trouvables depuis un certain temps ne laissaient aucun doute là-dessus : les Klaxons, c’est du déconnant mais de l’efficace, du rigolo mais de l’exigeant pour les mollets. Le passage de l’EP, format idéal pour le genre, à l’album, plus rémunérateur comporte donc un nombre de moments de bravoure reliés entre eux par des morceaux tout à fait décents qui prouvent leur capacité à boucler un album entier. Si vous comptez gigoter prochainement, vous allez en entendre.

Article écrit par Marc

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