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Beirut : Gulag Orkestar

mercredi 7 juin 2006, par Marc


Bien évidememant un nom n’est pas tout mais en mettant Gulag Orkestar de Beirut, on s’attend à autre chose que Week-end à la Mer des Gauff Au Suc’. La musique folklorique peut servir d’appui aux plus belles réussites. Pensons à 16 Horsepower par exemple (Arcade Fire ?). Le tout est de ne pas tomber dans le régionalisme touristique ou nombriliste. Mais quand il appuie de vraies chansons c’est parfois une réussite. C’est à ce dernier cas de figure qu’on a affaire la plupart du temps ici.

Quelle est la part de musique traditionnelle ? Si la question est légitime, on est face à des compositions s’appuyant ’simplement’ sur des instruments plus usités dans des contextes festifs (trompette, accordéon et dans une moindre mesure violon). Il en ressort un mélange réussi (surtout dans le première moitié de l’labum) entre l’insouciance et la légèreté de l’instrumentation jouant sur un côté volontairement bancal et la mélancolie qui sourd parfois de ces petites comptines déglinguées et ce, dès la plage titulaire d’ouverture. La qualité des titres est en relation directe avec celle des mélodies des cuivres qui la portent. Avec Postcards From Italy par exemple, on sait après dix écoutes de ce morceau-là qu’il y en aura des centaines d’autres. Cette sensation m’étreint régulièrement et c’est ainsi qu’on accumule les amis de voyage.

A l’inverse, certains morceaux apparaissent comme plus quelconques, surtout les moins intimistes. C’est aussi une question de goûts personnels. Quand ils se frottent à des ambiances plus typiquement musique de cirque je suis plus réticent (Bratislava), allergique que je suis aux casse-burneries Kusturiquiennes. Reconnaissons cependant que les ambiances varient d’un morceau à l’autre, de la valse malade (Rhineland (Heartland), Prenziauberg) au minimalisme vintage de After The Curtain en passant par les rythmiques cheap de Scenic World. Et le tout n’est ni gai ni triste, c’est plutôt les deux à la fois. Triste comme une steppe russe désolée, gaie comme une fanfare, telle est cette musique que l’on doit à un Américain de 19 ans. Mais ce n’est pas exactement une fanfare, et la belle voix masculine convient parfaitement à toutes les circonstances rencontrées au long de l’album. On se rend compte dès l’attaque de Mount Wroclai (Idle Days) que c’est Yann Tiersen qui s’est approprié l’orthodoxie indépendante de l’usage de ce type d’instruments dans nos contrées. Mais ceci est moins joli, moins bobo, plus convivial aussi.

Voilà, vous êtes sans doute pas très avancés, mais au moins vous saurez si vous devez (ou pas) aborder Beirut puisque les seules réticences objectives potentielles porteront sur le style pratiqué. Ceux qui voudront savoir ce que la musique indépendante peut devoir au folk de l’Europe centrale et de l’est vont découvrir quelque chose de nouveau. (M.)

Article écrit par Marc

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