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Patrick Wolf - The Magic Position

dimanche 10 juin 2007, par Marc

Flamboyant


« C’est quoi ce truc ? ». Il faut être honnête, c’est la pensée qui m’a étreint pendant une fraction de seconde à l’arrivée sur scène de Patrick Wolf au festival Sasquatch. C’est que l’image que je m’en étais faite était d’un garçon surdoué mais un peu gloomy. Doué, il l’est sans conteste. Mais glauque, vraiment pas. C’est même tout le contraire, c’est sans doute un des artistes les plus flamboyants de notre époque. Pour ceux qui ont le Cd sous les yeux, sa tenue au dos du booklet est celle qu’il arbore sur scène. Certes, on a plein de chanteurs qui jouent au cabaret et à l’excès avec peu de bonheur (Siscors Sisters), mais ici c’est d’une toute autre dimension. Visuellement tout d’abord, on est restés hypnotisés d’un bout à l’autre. Comme il passe de bête de scène extravertie quand il chante à touchant garçon quand il parle, le charme opère. Auditivement ensuite comme on va le voir.

Et musicalement donc ? J’avoue être passé allègrement à côté des premiers albums du garçon. Donc c’est de son dernier The Magic Position que je vais vous parler. Il s’agit d’un mélange assez inattendu et inspiré. Tout d’abord, la voix et les intonations évoquent assez clairement les années ’80. Mais on a tellement entendu de chants qui y font référence (The Bravery, The Departure, White Rose Movement ou autres Forward Russia) qu’on est finalement assez rassurés de voir qu’il n’en fait pas trop dans le genre. Le spectre de Marc Almond n’est pas loin parfois. Pour l’esprit cabaret notamment. Heureusement, pas de kitscherie de synthétiseurs néo-romantiques en vue. Comme il est un multi-instrumentiste (trop pour les mentionner tous en tous cas) de grand talent on a à la place un mélange d’instruments classiques comme le tuba, le violon, le violoncelle ou le piano et de composants plus classiques comme un bidouilleur su laptop et un batteur. Et qu’est-ce que ça donne ? Parfois une sorte d’Andrew Bird déluré (les deux premiers tout bons Overture, The Magic Position), voire même, quand la voix de Mariane Faithful est de la partie, d’un plus torturé Current 93 (le très prenant Magpie).

Pas très pop tout ça ? Si, en fait, ça reste extrêmement digeste, sauf quand il se livre à des interludes plus expérimentaux (Secret Garden). Chacun aura ses moments préférés sans doute et personnellement, je me suis trouvé moins touché par ses douceurs comme The Stars (il doit sans doute être plus versé vers le musical vintage que moi). Mais c’est une pure question de goût. Il n’y a pas de remplissage, ce doit être clair, même quand il se met à l’hommage aux grandes figures tutélaires comme Cole porter (Enchanted). Des inserts de violon très réussis (Augustine) et relativement sobres et c’est finalement ce qui séduit, cette capacité à ne pas trop en faire, à ne pas faire de l’indigeste en voulant être brillant. Fait remarquable, j’ai à chaque écoute été frappé que les 40 minutes de l’album soient déjà écoulées.

Patrick Wolf se sert de sa virtuosité pour proposer une pop très richement instrumentée mais à hauteur d’homme. C’est la meilleure chose qu’il puisse faire. Il trainait depuis longtemps une réputation de compositeur/interprète doué mais un peu difficile. Il est probable que The Magic Position offre à cet encore jeune (il n’a jamais que 24 ans) artiste la possibilité de montrer au plus grand nombre sa capacité de créer un univers personnel et accessible.

Article écrit par Marc

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