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The White Stripes - Icky Thump

vendredi 22 juin 2007, par Marc

Galaad le pur


Il faut bien avouer que je n’écoute pas très souvent The White Stripes. Sans doute à cause de n’intensité qui s’en dégage qui oblige à être disposé. Mais je n’ai jamais été déçu par eux. Encore une fois, je suis ressorti très impressionné de l’écoute de leur dernière production.

L’incartade Jack White au sein des Raconteurs aura donc été un intermède. Mais bien vu pour plusieurs raisons. D’abord, de son propre aveu, ça lui a permis de prendre confiance en tant que guitariste au sein d’un groupe. Pour l’avoir vu sur scène, on peut dire que son plaisir est communicatif. C’est un peu passéiste sans doute, mais d’une puissance indéniable. Ensuite, il a sans doute permis de garder le cap des White Stripes dans leur originalité, repu qu’il a pu être de rock classique. Il a aussi déménagé de Detroit l’industrielle pour le berceau de la musique de son cœur qu’est Nashville.

Donc retour aux fondamentaux. Après le garage Stoogien de Elephant et les tentatives de remplacer la guitare de Get Behind Me Satan, ils sont revenus à une relecture plus littérale des recettes rock. Ils n’ont pas renoncé à leur tri-colorisme blanc-noir-rouge mais ils semblent se permettre plus de fantaisies à l’intérieur du procédé. Icky Thump, pour beaucoup de monde, c’est une des répliques fameuses de The Holy Grail des Monty Python’s. Et cette parodie de recherche du graal permet une analogie facile. C’est que Jack White est un des derniers chevaliers au cœur pur. On a l’impression que si on n’était pas là, il le ferait sans nous quand même, suivant sa mission. L’effet est assez unique puisqu’ils peuvent plaire autant à l’adolescent qui vit ses premiers émois soniques qu’au mûr amateur de rock ‘classique’. C’est là que l’intransigeance paye. Cette politique qui pourrait relever de l’entêtement est pourtant à la base de la réussite du groupe de Jack White et de sa spectatrice privilégiée. En tous cas, le line-up réduit et poussé à son efficacité a pour effet de les exclure de facto de la course aux armements de production qui gâche un peu les sorties actuelles en cachant sous le clinquant des faiblesses de composition. Rien de tout ça ici, à deux le morceau se doit d’être bon.

Il ne faut pas toujours chercher midi à quatorze heures, Jack White est un très bon guitariste et a une des meilleures voix du rock ‘n roll. Qui peut faire penser à un Robert Plant moins maniéré (300 M.P.H. Torrential Outpour Blues). On ne mettra jamais Meg au Pantheon des batteurs d’exception mais c’est l’alchimie qui compte et son soutien rythmique est indispensable à l’équilibre du groupe.

On ne va pas vous laisser partir sans parler des morceaux, vous êtes là pour ça aussi. Comme souvent chez eux, le premier single est aussi le morceau qui ouvre l’album. Il comporte comme parfois chez eux (on avait déjà eu ça sur l’album précédent) une touche de hard-glam mais en plus sec dans les riffs. Quand ils sont plus lourds, ils sont à leur top. Broken Bone ou Little Cream Soda font aussi du bien par où ils passent (les oreilles généralement, mais le reste du corps sera sollicité aussi). On pourrait faire semblant que la cornemuse de Prickly Thorn, But Sweetly Worn ou St. Andrew (This Battle Is In The Air) est une incongruité, mais elle s’insère tellement bien dans leur revisite de la musique populaire qu’on en avait oublié qu’ils sont américains. C’est un morceau accrocheur de toute manière, pas une futilité world, même si ce n’est pas les meilleurs moments de l’album. Plus ludiques sont les cuivres de Conquest. Evidemment, ce n’est pas un interlude mariachi mais un brûlot qui sent la sueur et la poussière. Mais ils ont la bonne idée de ne pas tout faire à fond les bâtons, et le final Effect & Cause est très réussi. Impossible de définir si c’est un classique ou s’il a été composé la semaine passée.

Vous l’avez compris, la baisse de qualité et la lassitude ne sont pas encore là chez les White Stripes. En prenant des éléments archi connus et presque éculés, ils arrivent à transcender un genre en créant une des plus passionnantes discographies de cette décennie.

Article écrit par Marc

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