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Menomena, Botanique, 02/10/2007

mercredi 3 octobre 2007, par Marc

La folie peut être solide


En été il y a les festivals. En automne reviennent les ‘vrais’ concerts. C’est comme ça, dans l’ordre des choses, de façon presque immuable. Cette année, la saison a été lancée hier soir. Et si les nombreux rendez-vous sont à la hauteur de ce qu’on y a vu, les mois qui viennent mériteront d’être vécus.

Passons rapidement sur la première partie, assurée par la quatuor canadien de Dog Day. Leur pop-rock à guitares est au point, certes, mais si les compositions tiennent la route, elles sont bien trop anodines pour qu’on puisse en retenir quoique ce soit. On parlera donc juste de la claviériste qui n’emploie qu’une main à la fois, ce qui lui permet de prendre des photos en jouant. On dira donc que c’est surtout une spectatrice privilégiée.

La folie de Menomena est complexe à aborder sur album, tant le foisonnement d’idées nécessite des écoutes attentives et répétées. On pouvait donc craindre qu’un trio ait du mal à rendre le tout. Cette hésitation durera quelques secondes seulement, le temps d’entamer le premier morceau. Et quand l’emblématique Wet And Rusting est asséné en seconde position, on garde bien ses appuis et on profite du bon moment qui se profile. C’est que malgré le line-up réduit, toute la subtilité des imprévisibles compositions est rendue, une force sonique en plus. La batterie cogne fort, juste, et explose quand on ne s’y attend pas. Les deux autres se révèlent multi-instrumentistes, le solde étant appuyé de discrets passages samplés. C’est d’ailleurs le côté organique, très adapté aux conditions live qui séduit le plus. Les titres s’enchainent sans pardon, avec en point d’orgue ce qui fonctionne déjà mieux sur Friend And Foe (My My, Evil Bee). Il y a aussi des incursions dans le premier opus, notamment The Monkey’s Back qui clôturera le set.

La réaction du public ne laisse pas de doute : c’étaient surtout des gens curieux plus ouverts que parfaitement au fait de la discographie du trio de Portland, Oregon. Mais l’évolution de l’accueil ne laisse pas de doute, ils ont conquis des gens.

On ne s’est absolument pas ennuyés une seconde mais même pour les sourds le spectacle valait la peine. Une des qualités de Menomena c’est le packaging. Les dessins qui y figurent sont singuliers et participent à la cohérence de la démarche. Deux papiers blancs sont tendus au fond de la scène pour que l’artiste qui est responsable des illustrations réalise en direct deux œuvres originales. C’est définitivement pas courant, donne au tout une image de happening, de danger, d’improvisation. En plus, à la fin du concert, les réalisations son déchirées pour être distribuées au public. J’en ai eu un morceau, lalalère.

Déjà auteurs d’un de mes albums favoris de l’année, Menomena a confirmé sur scène la puissance de ses compositions.

Article écrit par Marc

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