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Bauhaus - Go Away White

lundi 10 mars 2008, par Marc

Un album venu d’ailleurs


Comment aurait sonné David Bowie s’il avait fait du post-punk plutôt que son style mutant qu’il pratiquait à l’époque avec plus (Scary Monsters) ou moins (Let’s Dance) de réussite ? Cette question que vous ne vous êtes sans doute jamais posé a tout de même une réponse au nom de style architectural allemand. C’est sans doute un cliché qui énervera les puristes du groupe mais même l’écho utilisé Too Much 21st Century évoque Bowie comme Adrenalin, avec une guitare tout en saturation et sous-mixée. On sent sur ce morceau une ressemblance avec les moments plus vénéneux d’Iggy Pop quand la très belle voix de Peter Murphy voix se cantonne dans les graves (International Bullet Proof Talent).

C’est assez convaincant mais dans ces morceaux l’influence est trop marquée pour qu’on oublie la ressemblance. C’est un peu le genre d’album qu’on aimerait entendre de la part du Thin white Duke, confit dans sa certitude d’être un génie malgré une très longue série d’albums moyens. Enfin, vous savez ce que c’est que les comparaisons. On s’y raccroche quand on aborde un album pour s’y sentir chez soi mais elles prennent le pas sur une écoute objective basée sur les qualités propres. Fort heureusement, cette encombrante étiquette s’estompe vite. Il est quand même étrange que des vétérans référencent d’encore plus anciens qu’eux tout en ne sonnant jamais daté.

Bauhaus évidemment, ce n’est pas un petit groupe récent lancé par myspace. Je dois bien avouer que seul l’incroyable Bela Lugosi’s Dead repasse très souvent dans mes oreilles, comme un rappel du pouvoir hypnotique que peut avoir la musique. Mais à part ça, les quatre albums sortis entre 1979 et 1982 (ère cruciale s’il en est) et jetant les bases de ce qu’on n’appelait pas encore le rock gothique ne me sont pas familiers. C’est donc avec une oreille relativement neuve que j’aborde cette bonne surprise du printemps. On sent l’influence qu’ils ont pu avoir sur des groupes aux frontières du rock comme Tv On The Radio (endless Summer Of The Damnned). On songera aussi à leurs contemporains de Wire pour Zikir.

Evidemment on peut trouver ça too much, trop affecté (Saved). Mais la raideur de la rythmique, le son libre des guitares empêche l’excès d’emphase. Il n’en reste pas moins que ce morceau semble un brin longuet. Les morceaux reposent sur une trame simple, très simple parfois, et c’est ce qui peut lasser quand l’écoute est moins attentive et qu’on est moins perméable au côté vénéneux, voire charnel de cette musique. The Dog’s A Vapour par exemple propose un morceau en deux temps, tout en nuance et en retenue même quand l’intensité monte d’un cran. C’est un exemple de maitrise d’un groupe qui revient après tant d’années au sommet de son art.

Autant le dire tout de suite, cet album de Bauhaus m’a décontenancé. Ce qui n’est pas une sensation désagréable dans le flot ronronnant des sorties qui se succèdent. Il devient rare de ne pas cerner tout de suite à quel objet musical on est confrontés. Il n’en reste pas moins que Bauhaus s’est placé au-delà des modes et même des styles. On ne voit d’ailleurs pas bien ce qui pourrait lui être comparé. Cette singularité alliée au charisme du chant est un argument pour vous frotter à ce Bauhaus qu’on n’attendait plus.

Article écrit par Marc

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