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Band of Horses, Botanique, 15/03/2008

lundi 17 mars 2008, par Marc

L’adieu aux chevaux


Il y a 17 mois de cela, j’assistais àmon premier concert de Band of Horses. C’était ma première expérience du genre à Seattle, leur ville d’origine qui n’allait pas hésiter à classer, via le référendum des auditeurs de la radio KEXP leur très bon Everything All The Time meilleur album de l’année 2006. J’entrais alors dans une longue série de performances live ainsi que dans un monde musical que je ne connaissais que par procuration. Beaucoup de choses ont évolué depuis, mes goûts et leur orientation notamment.

Mais reprenons les choses dans leur ordre chronologique. Il est dans les habitudes américaines de présenter un programme copieux. C’est donc le pas annoncé à priori Tyler Ramsey qui ouvre les hostilités. Tout seul avec sa guitare, celui qui officie également dans la tête d’affiche présente des chansons simples qui font mouche, vraiment. C’est touchant dans un style assez casse-gueule pourtant.

La richesse de la scène rock au sens très large aux Etats-Unis tient non seulement à l’excellence des têtes d’affiche mais aussi à la qualité des seconds couteaux. The Cave Singers appartiennent sans aucun doute possible à cette encombrée seconde division. Le moins qu’on puisse écrire c’est qu’ils assurent le boulot. Sans être transcendants, leurs compositions simples tirent un bon parti d’un line-up réduit à trois membres et reposant surtout sur une guitare acoustique mise en avant.

Place donc à Band of Horses, ayant assuré le sold-out depuis un petit temps déjà. Le son est puissant, les six membres terminent un mois de tournée européenne et ça se sent dans la cohésion. La voix de Ben Bridwell est toujours aussi singulière, en plus fragile puisqu’il semble parfois évoluer à sa limite. Mais c’est impeccable. C’est une réflexion de la personne derrière moi qui va me faire comprendre mes réticences. « Ca pourrait être de la musique de stade en fait ». En néerlandais qui est la langue la plus pratiquée dans l’assistance du soir. Et c’est vrai que comme certains de leurs congénères américains, ils jonglent entre perles indie et platitudes mainstream qui plombent un peu leur Cease To Begin. A des degrés divers, My Morning Jacket, Wilco, Bright Eyes ou Midlake sont atteints du même syndrome. Quand une balade au banjo ne présente pas le moindre intérêt, on se dit que c’est absolument bien foutu, mais qu’on n’ira plus les revoir. Restent des moments de pur bonheur comme Funeral ou The Grat Salt Lake, mais le départ du guitariste Mat Brooke (parti fonder Grand Archives) les a fait prendre une orientation qui fait craindre l’absence d’équivalents dans le futur.

Irréprochables de bout en bout, les Seattlelites s’éloignent de l’éclectisme et de l’intimité de leurs débuts. Le succès pourrait être au bout et leur sincérité le mériterait, mais par rapport à la joyeuse intransigeance de la veille, on a baissé d’un cran.

Article écrit par Marc

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