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Supergrass - Diamond Hoo Ha

mardi 1er avril 2008, par Marc

Une nouvelle histoire de bof et boffette


Je ne sais plus quel producteur répondait à un journaliste qui lui demandait quel était son groupe préféré « Supergrass dans dix ans ». C’était après leur premier album, le très pop I Should Coco. Depuis, ils ont partiellement répondu aux espoirs placés en eux en présentant une série d’albums passant de la pop la plus immédiate au plus abouti.Road to Rouen étant une sorte d’album intemporel, au-delà des styles.

Et puis, ils ont manifesté le désir de revenir vers un rock carré, avec une pointe de glam et d’évidentes réminiscences brit-pop, et même le délire de surnoms improbables. Et alors ? Et alors bof. Même si ça part plutôt bien avec un de Diamond Hoo Ha Man dont l’intro semble même retrouver l’énergie d’un White Stripes qui s’essaierait au glam, on comprend dès Bad Blood qu’on ne va pas passer le bon moment escompté. C’est qu’on est en 2008 et qu’un « bon album de rock qui ne fait pas mal aux boyaux de la tête », on en a accumulé des kilopelles à travers les années. C’est sans doute ça aussi le problème, j’aime moins le rock pour le rock, s’il n’est pas transcendé par un talent hors normes ou une énergie communicative tirant parti de la concision, ou alors un côté catchy indéniable. Le It’s Only Rock ‘n Roll n’est donc pas mon slogan et faire vrombir de la six-cordes comme sur Bad Blood me laisse froid. Le refrain avec ses chœurs est un peu ce que je n’aime pas (ou plus). A l’heure de clôturer cette critique, on ne se sent pas fier d’avoir aussi peu d’enthousiasme. Sans doute cet album ne s’adresse-t-il pas à moi. Soit. Mais qui pourra trouver ça formidable ? Si c’est votre cas, manifestez-vous, j’aimerais avoir votre point de vue.

N’allez pas imaginer que j’ai passé l’écoute à la recherche d’un objet quelconque à mordre pour calmer ma fureur, non. C’est juste que cette alternance de passages pop et de guitares plus enjouées est un peu ronronnante. Parfois heureusement ils sortent du schéma et proposent une pop plus guillerette. Mais cette fois encore, Ghost Of A Friend ne m’a pas arraché de sourire. Ils ralentissent aussi le tempo, pour mieux prendre leur élan mais ça tombe à plat aussi sur le très ironiquement appelé Return Of Inspiration. Bien essayé. A l’inverse, mettre l’ampli plus fort marche souvent mais pas toujours non plus. Quand on balance un Whisky And Green Tea avec peu de conviction en lâchant un peu ses tendances prog, ce n’est pas bon non plus. C’est qu’il faut une vraie âme potache, voire dix ans de moins (Be Your Own Pet) pour que ça fonctionne. Reconnaissons un peu plus de ferveur sur Butterfly. Ce qui confirme la tendance des albums moyens à garder le meilleur pour la fin.

Dans le genre ils ont déjà été brillants dans le passé, notamment sur le réjouissant In It For The Money. Il faut quand même avouer qu’un Rebel In You ne l’aurait pas déparé. Un Ghost Of A Friend, sans doute que oui.

Caprice de gosse gâté qui peut se permettre de bailler sur Supergrass au milieu des Silver Mt Zion, Destroyer et autres Kills ? Croyant donc être victime d’une crise de râlitude aigue, je me suis replongé dans Road to Rouen. Il m’a fallu une trentaine de secondes pour me rassurer ; c’est d’un tout autre niveau de variété et de qualité, de complexité. Ce Diamond Hoo Ha (rien que le titre…) est donc un album pas passionnant d’un bon groupe. Le retour au rock carré ne s’est donc fait pour le meilleur. Ca leur a peut-être fait du bien, ça leur permettra peut-être de repartir. C’est ce que je nous souhaite. Un album en roue libre, c’est aussi un album ou on ne pédale pas. Je leur conseille quand même de freiner dans la descente, le décor défile à toute vitesse. Cet album est un peu creux, il faut bien le dire. Je l’avoue d’autant moins volontiers que ce groupe me plait encore.

Article écrit par Marc

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