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Fuck Buttons - Street Horrrsing

mardi 29 avril 2008, par Marc

Un chainon manquant


De la musique tribale et psychédélique, on en a eu notre dose ces derniers mois. Heureusement souvent pour le meilleur car la folie sonore n’autorise pas la médiocrité sous peine d’irriter ou d’ennuyer. La tradition qui voit maintenant surgir un morceau comme Ribs Out est assez ancienne même dans le rock, puisqu’on en retrouve des traces dès Pink Floyd ou Can il y a plus de 35 ans. C’est d’ailleurs à ces anciens qu’on pense puisque les progressions d’accords assez classiques de Okay, Let’s Talk About Magic auraient pu se retrouver sur Ummagumma ou Echoes. Les sons par contre, semblent plus sortis du shoeagaze electro de Nathan Fake, la flamboyance electronica en moins mais un peu d’emphase en plus.

Dès le début, on est à l’intersection de plusieurs mondes, entre rythmes endiablés et drone statique. Le premier morceau, Sweet Love For Planet Earth, se présente d’ailleurs comme une longue mise en bouche progressive. Les braillements distordus et sous-mixés sont considérés comme des instruments ou comme des couches sonores, pas comme des voix en tant que telles. Et ça donne quoi ? C’est plutôt énervant. Par contre, on voit venir avec plaisir la distorsion qui relancer l’intérêt d’un morceau répétitif (Bright Tomorrow). C’est qu’ils savent jouer sur les sons et en profitent jusqu’au final Colours Move qui prend plus de relief écouté seul plutôt qu’en bout de course d’un album. D’autant qu’il présente presque tous les aspects dont on a parlé. C’est presque un exercice de synthèse qui clôture Street Horrrsing.

C’est sur le résultat qu’on décide de l’attention qu’on va porter à une musique. Le talent du duo de Bristol est patent. Il sait tirer parti de structures fort simples pour susciter l’intérêt. Soyons prudent quand même, le procédé réclame quand même un peu de relâchement de la part de l’auditeur vu qu’il sera pris souvent dans le sens du poil (on ne perd jamais le sens mélodique) mais pas toujours. On conseillera donc cet album aux fans de post-rock qui saturent un peu des mêmes structures à longueur de groupes et aux amateurs de drone (pour rappel, morceaux qui jouent uniquement sur les textures sonores).

Article écrit par Marc

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