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Polsslag, Hasselt, 19/04/2008

mardi 22 avril 2008, par Fred, Marc, Seb

Un récit de la première édition


Ca n’était pas l’évènement médiatique de ce printemps, mais les organisateurs de l’impeccable Pukkelpop se fendaient d’un échauffement appelé Polsslag. Connaissant le sérieux de ces gars-là et avec une affiche qui promettait, on ne pouvait que se rendre à Hasselt. Premier choc, la moyenne d’âge nous saute à la tronche. Certes, on prend un an par année et eux pas, mais c’est quand même spectaculaire. L’endroit, genre halle des foires, rassemble autour d’un foyer central quatre salles aux noms qui sonnent bon les souvenirs (Club, Marquee, Dance Hall, Boiler Room).

Même s’il est une heure raisonnable pour un samedi quand nous arrivons (13h30), il est quand même trop tard pour Devastations et surtout Holy Fuck, qui à en croire Benjamin (et nous croyons toujours Benjamin) a proposé une prestation très forte que nous irons voir au Pukkel, le vrai. On s’échauffe donc avec les Anversois de Styrofoam. C’est frais, sympa, très New-Order et nous permet de ne pas éprouver trop d’émotions froid sans préparation préalable.
On va donc faire un repérage des lieux avant de se frotter au premier gros morceau de la journée : Iliketrains. Le quintette anglais a déjà publié deux disques qui pourront se révéler un peu arides à tout qui n’est pas versé dans la mélancolie à l’état brut. Les spécialistes fondent mais les autres auront tout intérêt à les voir en concert. Car un set plus compact, regroupant tous leurs meilleurs titres, les montre sous leur meilleur jour. La voix grave, les guitares qui passent de la marelle sur boite à effets du post-rock à d’imposants murs, la discrète trompette (le musicien trompe son ennui entre les coups en faisant des origami semble-t-il), tout fonctionne et on réalise à quel point ce rock sombre peut être puissant. De plus ces messieurs sont de forts sympatiques animateurs de salle lorsqu’un pépin technique survient, la grande classe.

La programmation du festival est de qualité, on l’a dit, mais l’ordre de passage laisse perplexe. Il est 15h30 et on va déjà avoir un des meilleurs moments electro de la journée avec le duo allemand de Modeselektor. Comme leur musique est inclassable, leur live l’est aussi, commençant dans le plus intrigant et ménageant une belle montée en puissance. C’est un peu la rencontre du ragga dopé à l’electro. De plus, ils assurent le spectacle en distribuant des bières ou des shots de vodka au public et terminent même en sablant le champagne. C’est frais, pas prise de tête, ludique mais puissant. Ils nous rappellent qu’on leur doit la production de morceaux du dernier TTC. La musique de Blonde Redhead est par contre moins taillée pour la scène. Certes, l’interprétation du trio est bonne, mais cette dream-pop tendue rend mieux sa subtilité sur disque. On quitte donc après quatre titres, ni émerveillés ni déçus.

C’est ensuite l’heure d’Anthony Rother et de sa coupe mulet. Il assène une techno carrée aride teinté de voix vocodées live. Il est peut-être un peu tôt pour une telle austérité et nous n’avons pas encore mangé assez de saucisses. Prenant son titre "Back Home" à la lettre nous passons à la suite.

S’il y a un groupe qui a su créer le buzz, c’est bien Foals. Mais ce n’est pas à coup de marketing mais d’un Antidotes dont on vous a déjà dit le plus grand bien. La baudruche allait-elle se dégonfler sur scène ? Non, cent fois non. Certes, les compositions ne sont pas exactement progressives, mais elles réclament, si pas de la virtuosité, à tout le moins une puissance et une énergie. Et ils ont les deux. Le concert est incendiaire, la batterie fait la rythmique, la basse fait la rythmique, les guitares font la rythmique, le clavier appuie la rythmique, le chant est syncopé. Donc c’est de la puissance en tube. Le tout rapelle la fusion de Battles et l’énergie des Artic Monkeys.
Quand le chanteur lance par terre les baguettes qui lui ont servi à taper sur une caisse pour le morceau final, l’une d’elles rebondit vers le public. On se baisse et on sauve un œil. On en est quitte pour une frayeur rétrospective. Ce groupe peut faire des dégâts, au propre comme au figuré.

The Breeders a sorti cette année un album qui glisse tout seul dans l’oreille et c’était une bonne raison pour aller jeter un coup d’oeil. Mais rien à faire, la bonne humeur des soeurs Deal en formes faisait plaisir à voir mais l’approximation du set était rédhibitoire. Plaquer des lalala sur des accord barrés ne suffit pas (plus ?) à faire une chanson.

MSTRKRFT se la joue seconde vague Daft Punk, passant entre autres leur propre remix de D.A.N.C.E., le reste étant dans la même veine. Les fans apprécient mais tout ceci à un goût de déjà entendu et sent fort les sentiers battus. On va donc chercher plus loin hors ce ceux-ci.

ISIS, c’est un beuglement et des clichés musicaux hardos. Leur dernier album, pourtant, avait laissé après une écoute la sensation de fusion metal-wave cohérente. Rien à faire cette fois-ci, on fuit... en rigolant beaucoup en imaginant le chanteur demander le sel à la maison sur le ton qu’il utilise à la scène.

Cassius Dex’n’Fx nous offre enfin une bouffée d’air frais, loin de la mouvance "Justice and co". Un Boombass mixe les plaques tandis que un Philippe Zdar transpirant et concentré, donne la réplique en ponctuant le set de vocaux et autres effets du meilleur goût.
Le tout sur une playlist inconnue mais qu’on aimerait entendre plus souvent.
Cassius laisse la place, La foule afflue et c’est une salle archi-comble qui attend de pied ferme Alex Kid aka Boys Noize. Le set débute par le sample de "My moon my man" tortué à l’extrême, suivent ensuite ses remixes malheureusement déjà entendu précédemment... aah la dure rançon du succès. Mais le public suit et l’ambiance est à son comble : mission accomplie.

José Gonzalèz est un gentil virtuose qui met ses doigts agiles au service de chansons très belles. C’est une respiration bienvenue qui se conclura par une reprise de Love Will Tear Us Apart dans des rappels un peu forcés. On ne peut pas dire par contre que c’est la folle technique d’Angels And Airwaves qui éclabousse de classe. Reprendre les ficelles du U2 héroïque quand on est le chanteur de Blink 182, ça part mal et l’idée est aussi mal exécutée que pensée. Le chanteur est nettement insuffisant et son jeu de scène tient du ridicule. Les compositions quant à elles sont d’une platitude cosmique. Mais le plus grave est ailleurs, dans l’accueil que le jeune public réserve à ces grimaces forcées et au statut de tête d’affiche de ces gens même pas dignes de jouer à 9 heures du matin. On accusera donc le cynisme des organisateurs et l’ignorance crasse d’une frange du public.

Les breakbeats, quand on n’a pas le coeur ni les jambes à ça, c’est rien moins qu’éprouvant. Pendulum nous achève donc. On est restés pour le set d’Erol Alkan qui débute par le Newman de Vitalic, petit échauffement tout en subtilité comme vous le savez. Ce n’est pas mal comme set, certes, mais là, les douze heures de musique ininterrompue font leur œuvre et nous laissons les survivants à leur sort. Carl Craig fera sans nous. Dommage, mais on n’est pas des machines non plus (comme le disait le philosophe moderne Daft Punk).

Article écrit par Fred, Marc, Seb

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