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Bodies of Water - A Certain Feeling

vendredi 22 août 2008, par Marc

Secrètement Canadiens


Pas le temps de refroidir, Bodies of Water nous revient déjà. Après vous avoir parlé il y a quelques mois d’un album sorti en autoproduction puis hébergé par Secretly Canadian (qui est Américain bien évidemment), les revoilà déjà, et dans une forme toujours étincelante. Le nom du label est en soi est tout un programme. Car ces Californiens pourraient tromper leur monde et prétendre venir de là-bas, dans le nord.

Je sais que c’est une indication purement commerciale, mais quand sur un site d’achat en ligne de type Amazon on mentionne les albums que les acquéreurs d’A Certain Feeling ont aussi acheté, 13 des 15 premières suggestions ont eu les honneurs de ce site. Autant dire que ceci est typiquement dans le cœur de cible, si pas de vous, aimable lectorat, du moins de ce que j’écoute.

Le premier morceau est d’ailleurs un bon indicateur de ce qui va suivre si vous ne connaissez pas encore les gaillards. Commencé par un a-capella, puis une voix supportée par la rythmique et enfin un chœur entier, tout est dedans. Avec les hohooo qui vont avec.

Sans doute une partie de ce qui en a été dit à l’époque d’Ears Will Pop, Eyes Will Blink est-il encore d’application. Avec quelques nuances bien évidemment. Plus solide sans être pour autant lisse, il propose des voix traitées comme des composantes et non plus comme le point d’articulation des morceaux. Un peu excessif, too much, kitsch ? Oui, sans doute, Bodies of Water c’est un peu ça. Mais c’est leur aplomb, leur volonté de bien trousser des mélodies qui emportent le morceau. Pas chez tout le monde j’imagine, le genre étant quand même culotté. Mais ils ont eu la bonne idée d’incorporer des passages instrumentaux qui tiennent la route (dans If I Were a Bell par exemple).

Les harmonies ne sont pas empruntées aux Beach-Boys, ce qui tranche un peu avec beaucoup du folk actuel. Quand il n’y a qu’une seule voix, ça sonne un peu plus classique mais l’ampleur les fait ressembler à Arcade Fire, même si le propos est moins sombre. C’est une figure tutélaire encombrante sans doute mais qui pourra encourager les fans du groupe de Montréal à les découvrir.

Des passages groove qui sont nouveaux et assez réussis (Water Here). Et comme ils ont aussi gardé les vraies mélodies qui font mouche (Keep Me On, Under The Pines), on reste accrochés. Il ne faudra pourtant pas se laisser impressionner par une intro d’un rock presque gras (Darling, Be There) ou qui semblent n’aller nulle part avant de décoller comme Even in a Cave qui présente un maximum de facettes en un minimum de temps, comme dans les bons Architecture In Helsinki.

Les albums dont on ne zappe aucun titre ne sont pas légion. Quand on a constaté ça, on met le nombre d’étoiles qui va avec. Comment donner une suite à un album qui brillait surtout par sa singularité ? En échangeant un peu d’intransigeance pour plus de musique, en gardant leur belle insouciance, leurs mélodies et une cohérence dans la démarche. C’est ce qui fait qu’on retrouve ces joyeux lurons avec autant de plaisir. Même maintenant que l’effet de surprise ne joue plus, ils restent obstinément dans l’oreille.

Article écrit par Marc

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