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Outkast : Speaker Boxxx / The Love Below

mardi 8 août 2006, par Marc


Cet album aurait très bien pu s’appeler Black music for dummies tant l’éclectisme est de mise. Le format du double album est à la fois une preuve d’inventivité (on pense à d’autres exemples comme le Mellon collie des Smashing Pumpkins, pour ne pas remonter aux Blonde on Blonde et autres Ummagumma) et de diversité puisque ici chacun des deux membres prend une plaque à son compte.

Le premier, Speakerboxxx est à mettre à l’actif de Big Boi. On trouve ici la face plus Hip-Hop, nerveuse à souhait (Ghetto Music, le très FunkadelicBowtie’) et inventive dans ses nombreux interludes. Comme dans tout bon disque de rap (au sens très, mais alors très large) qui se respecte, c’est une longue liste d’invités qui vient relever et épicer les titres. Les beats varient, les tempos se distinguent (Bust, l’intro à la Massive Attack de Knowing) ou s’apaisent (War, Reset) en allant jusqu’au gospel (Church).

Le second, The love below, par Andre 3000, nous emmène ailleurs puisqu’il commence par un morceau très crooner sauvé du mauvais goût on ne sait pas trop comment. Le deuxième est plus R’n’b, mais dans l’acception plus sixties et swing du terme. Du swing, voilà, un feeling d’enfer, c’est ce qu’on retient de cette seconde galette. L’humour aussi (Where are my panties ?, les clins d’oeil du single Hey ya). On plonge dans toutes les racines, même les plus Jazz avec Take off your cool faisant appel à Norah Jones. On n’est pas dans un revival passéiste, mais c’est juste une mise en situation pour les autres morceaux de facture plus moderne, qui entrent en action dès Happy Valentine’s day. Les beats de Behold a lady et de Dracula’s wedding avec Kelis sont irrésistibles.

On a donc un ensemble cohérent et très réussi de presque toutes les tendances actuelles, le tout avec un son vraiment très travaillé, mais pas dans un but de formatage radiophonique mais de mise en pratique d’une longue tradition via une culture musicale qu’on devine très fournie. Ils auraient aussi pu faire un album simple qui enfilerait les perles, mais on n’aurait alors pas eu la chance d’avoir les épluchures, les moments plus faibles mais créatifs qui donnent de la profondeur à cet album. On pourrait pour simplifier dire qu’il s’agit d’une version américaine et black de Massive Attack, le côté ludique en plus et l’intensité émotive en moins. Si vous aimez le rock et la pop mais voulez voir ce qui se fait de très bon dans les autres domaines, voilà une séance de mise à niveau des plus réjouissantes. (M.)

Article écrit par Marc

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