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Wire - Object 47

lundi 29 septembre 2008, par Marc

La classe est toujours sobre


Evidemment, la carrière de Wire vaudrait plusieurs articles. Il y an a d’ailleurs une assez impressionnante profusion. Donc, les trois albums sortis entre 1977 et 1979 font partie de l’histoire, en tant que documents d’abord, parce qu’ils permettent de voir en direct comment une éruption cutanée comme le punk a pu donner lieu à plusieurs courants, de la cold wave au post-punk. Avec d’autres plus connus comme The Clash ouJoy Division, ils ont montré la voie et suscité des vocations. C’est en tant que chainon manquant qu’on ne peut pas faire l’économie de ces plaques si on s’intéresse un tant soit peu à l’histoire du rock et de son évolution. De plus, ils comportent une densité en bons morceaux assez impressionnante. Et le nombre de groupes qui les ont repris est assez remarquable et révélateur. En résumé, Wire est un groupe définitivement génial, qui a marqué l’histoire pour de bonnes raisons. Parce qu’au-delà du plaisir de l’historien répond le panard de l’auditeur. Ajoutez-les à votre liste de courses et vous n’aurez pas perdu les quelques minutes consacrées à cette lecture.

Arrivés à ce stade, vous vous dites légitimement qu’il est temps d’aborder cet Object 47 sorti au mois de juillet, comme pour se faire submerger pendant les festivals. C’est que Wire n’est pas un petit groupe issu de la génération myspace mais mérite d’être resitué. Et puis, cet album n’est finalement pas facile à cerner. Loin d’être passéiste ou de vouloir capitaliser sur un retour d’une certaine scène post-punk, ils imposent sur cet album court une vision de ce que peut être un rock actuel, ni nostalgique ni tenté par un modernisme de façade. C’est en tout cas un cas d’école pour tous ceux pour qui les années ’80 se résument à des gimmicks (vous connaissez la liste).

Cette année, on a déjà assisté au retour inattendu de Bauhaus. Et, étonnamment, les albums sont plus proches qu’on pourrait le penser. On retrouve aussi ici la patte hypnotique, la rythmique d’inspiration industrielle mais propre sur elle. Pas la voix affectée de Murphy bien évidemment. D’une manière générale, c’est la froide tension (qui passe mieux qu’avec le maniérisme de Peter Murphy) qui est le principal intérêt de cet album, qui en fait la classe simple et envoûtante. Le son n’est fatalement plus le minimalisme des années ’70. Mais j’ai raté les épisodes intermédiaires, leur confuse et déroutante discographie des deux dernières décennies.

Combien de temps dure le round d’observation ? A peu près 7 secondes de One of Us, le temps pour le son de guitare si caractéristique de débouler. Et les fans ne seront finalement pas tellement déboussolés, et seront même ravis du goût rétro de Patient Flees qui pâtit de sa longueur. On distingue pourtant clairement leur patte là-dessus, la déclamation si particulière de Newman. De temps en temps un air mid-eighties pointe le bout de son nez (la basse d’Are You Ready ?).

Mais ce n’est vraiment pas uniquement un album de souvenirs, ce que viennent rappeler la puissance et de la concision de Hard Currency. C’est dans ces-moments-là qu’on les sent tellement maitres de leur sujet, tellement peu assujettis aux modes dont ils sont pourtant les précurseurs (de The Cure à Art Brut) et on pense évidemment à ce moment-là à certains moments deNine Inch Nails. Mais ce n’est pas un album monolithique non plus puisque Perspex Icon mêle ses ambiances brouillardeuses avec l’aspect éthéré de la dream-pop. Entre les deux, il y a l’envoutement d’un Mekon Headman.

Les héros ne meurent jamais. Pas de revival pour ce groupe historique, mais un album sec et concis, précis et rêveur à la fois, suintant la force et le charme. Wire est pertinent en 2008 (voir le compte-rendu du concert récent) et ça doit se savoir.

Mon copain Mathusalem parle aussi de ce groupe essentiel sur radiolibre. Il y a même du son et de l’image. Petits veinards que vous êtes.

Article écrit par Marc

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