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Those Dancing Days - In Our Space Hero Suits

lundi 13 octobre 2008, par Marc

Ballon d’air


Honnêtement, je ne vois qu’un avantage objectif à passer une nuit sous tente seul en festival, celui de n’avoir rien d’autre à faire le matin que voir les groupes qui jouent à des heures indues. C’est dans ces conditions que j’ai vu jouer à 11h30 les cinq Suédoises de Those Dancing Days un bon matin de Pukkelpop. Dans un contexte aussi ingrat, elles ont assuré l’ambiance et j’avais retenu le nom pour un contact auditif ultérieur, alors que j’étais passé à côté du pourtant un peu remarqué premier EP éponyme. Pas grave puisqu’il y a maintenant un album complet à se mettre sous la dent.

Dans un registre qui se veut immédiatement accessible, il faut un point d’accroche vocal. Celle de Linnea Jönsson m’évoque celle de la chanteuse des Long Blondes et apporte une solidité et une personnalité certaines. Si elle forçait sur le côté sombre, ça serait carrément Siouxie, malgré sa coiffure de monitrice d’aérobic des années ’80.

On trouve ici un soupçon d’insouciance sixties mais le gros son est assez actuel. Ce n’a pas le charme des plus délurées, brillantes et vintage 349, mais le public potentiel est sans doute le même. D’ailleurs, c’est plus au revival de certaines années ’60 qui eut lieu à Manchester à l’aube des nineties (Inspiral Carpets, ce genre…) que celles-ci nous renvoient, voir à une version plus synthé de groupes de filles revival eighties comme The Organ (le Run Run avec des vrais morceaux de chœurs dedans).

Malgré des mélodies parfois un peu alambiquées qui tiennent surtout grâce aux effets de voix (Actionman) c’est souvent linéaire mais quand ça ne l’est pas comme The Spinto Band ce n’est pas toujours top non plus. Exigeants que nous sommes. Mais on n’a que le bien qu’on se donne et par exemple un I Know Where You Live fait du bien.

Evidemment, je ne vais pas jouer à essayer de vous faire croire que tout est transcendant, qu’on saute d’extase en climax, mais bon, ce n’est pas le but non plus. C’est que leur talent ne s’exprime pas le temps d’un single imparable mais plutôt sur la distance et la constance. Même si pour moi le morceau le plus excitant est celui qui porte le nom du groupe et sonne comme une déclaration d’intention. Et les mid-tempos qui en général sont le point faible de groupes pop voulant varier sont passables et elles ne se risquent pas à la ballade.

Après avoir vu le concert, où la guitariste est la seule que j’aie jamais vu gratter un accord en ratant les cordes, j’ai tendu l’oreille et en effet, la six-cordes ne dégage pas d’impression de virtuosité (le solo de Run Run est bien cheap). Mais dans le contexte studio, ça le fait quand même.

Leur pop sans complexe et sans chichis, pas élégiaque ni neuneu est une pause qu’on s’offre. Cette friandise est bienvenue dans le contexte de cette rentrée un peu manquée du côté des albums qui se doivent accessibles (The Spinto Band et I’m From Barcelona). On voit donc venir ces morceaux menés tambour battant avec un peu plus de plaisir (d’indulgence ?). C’est aussi sans doute la sous-exposition médiatique et la sincérité de cet album qui séduiront. Bien évidemment, c’est assez peu varié d’un morceau et on en retient assez peu mais jamais l’ennui n’a pointé le bout de son nez. Un album qui s’écoute toujours d’une traite, même si c’est pour glisser de l’oreille, c’est toujours ça de pris je trouve. Entre deux albums ou artistes un peu arides ou exigeants, il est indispensable de relâcher la pression. C’est pour ces conditions, et aussi pour booster l’humeur que vous pourrez avoir envie de vous frotter à une des productions de ce prolifique pays scandinave.

Vous avez lu ? Ecoutez maintenant : http://www.myspace.com/thosedancingdays

Article écrit par Marc

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